Journal de bord

Comment évaluer et améliorer le bien-être du chat

Alcimed, société de conseil en innovation et développement de nouveaux marchés, fait le point sur les différents piliers sur lesquels repose le bien-être du chat ainsi que sur les méthodes permettant de l’évaluer.

Retour sur l’évolution de la vision du bien-être animal au fil des années

Chez le chat comme pour l’ensemble des animaux le bien-être n’a pas toujours été une préoccupation pour l’homme et sa vision a évolué au fil du temps. D’abord absent de toute considération, le bien-être animal a ensuite été défini il y a plus de 35 ans comme une absence de mal-être, prenant la forme de 5 libertés à respecter (voir encadré ci-contre). Plus récemment, il a été admis que le bien-être animal allait au-delà d’un simple état neutre (absence de mal-être), et que des notions positives devaient être considérées, comme le plaisir, la joie et l’attachement. De manière très émergente, de nouvelles études cherchent à démontrer que cet état positif de bien-être pourrait avoir un impact important sur la santé des animaux.

N.B.: Les cinq libertés:

  • – Liberté physiologique (absence de faim et de soif)
  • – Liberté environnementale (absence d’inconfort)
  • – Liberté sanitaire (absence de maladies et de blessures)
  • – Liberté comportementale (droit à l’expression d’un comportement animal normal)
  • – Liberté psychologique (absence de peur et d’anxiété)

Les origines du bien-être du chat

Chez le chat, l’obtention du bien-être est très dépendante de sa capacité à agir selon ses besoins naturels, ceux-ci ayant été développés par ses ancêtres vivant dans la nature. Tout agissement contraire à ces besoins, demande au chat un effort d’adaptation. La capacité d’adaptation d’un chat dépend à la fois de l’individu mais aussi de l’environnement et des relations qu’il a subi durant ses premiers mois. Par exemple, le temps de sevrage et les interactions avec son maître ou d’autres animaux de compagnie jouent un rôle très important. Plus un chat aura une capacité d’adaptation développée plus il sera en capacité d’atteindre un état de bien-être.

Le bien-être chez le chat repose sur cinq piliers

Lors d’une étude de veille scientifique combinée à de nombreux entretiens avec des experts du bienêtre chez le chat, Alcimed a mis en avant 5 piliers sur lesquels repose le bien-être du chat. Ces piliers comportent des éléments basiques à considérer pour éviter des situations de mal-être, mais aussi des éléments permettant d’assurer le bien-être du chat en enrichissant son environnement dans sa globalité.

L’alimentation – est un pilier stratégique qui concerne le type de nourriture ainsi que la façon de la délivrer. Au-delà du débat entre nourriture sèche (croquette) et nourriture humide (pâtée), de nouveaux régimes voient le jour comme le régime à base d’aliments crus ou les recettes faites maison. La position des nutritionnistes vis-à-vis de ces régimes n’est pas encore claire. La communauté scientifique, quant à elle, accentue ses recherches sur l’utilisation de probiotiques dans les formulations alimentaires (ou en complément de celles-ci). Effectivement, les probiotiques, aussi bien chez l’homme que chez les animaux, ont un très fort potentiel de régulation du microbiome intestinal, permettant d’améliorer le système digestif et le système immunitaire. Enfin, l’utilisation de jouets pour délivrer la nourriture (« Food puzzle ») est très tendance actuellement et permet aux chats de se nourrir en reproduisant un comportement de pseudo-chasse. Le chat reçoit une stimulation à la fois physique et mentale. Les « Food puzzles » ont été utilisés avec succès dans plusieurs études de cas récentes visant à améliorer la santé et le bien-être du chat.

Le sommeil – permet au chat de récupérer de l’énergie mais aussi de reconstruire une partie de son système immunitaire, ainsi ses nombreuses phases de sommeil doivent être respectées par son propriétaire.

L’hygiène – est un marqueur important du bien-être du chat, et celui-ci doit être mis dans les meilleures conditions, notamment en termes de litière.

L’espace – est un des piliers les plus impactant pour le bien-être du chat. L’installation de perchoirs, griffoirs et zones de cachette sont des éléments qui lui permettent d’agir selon ses besoins fondamentaux.

La relation – peut être source de stress si le propriétaire n’y porte pas attention. Respecter les signes de rejet est primordial pour ne pas stresser le chat.

Panorama des méthodes d’évaluation du bien-être chez le chat

Il existe diverses façons de mesurer le bien-être chez le chat : soit via la mesure de paramètres physiologiques, soit via l’observation de l’aspect et du comportement de l’animal dans son environnement. Les paramètres physiologiques sont principalement utilisés lors d’études scientifiques. Le cortisol est régulièrement mesuré pour évaluer le niveau de stress. La variation du rythme cardiaque a été investiguée pour évaluer un état positif d’excitation et de plaisir chez le chien, ce qui pourrait être investigué chez le chat. Néanmoins, les paramètres physiologiques sont très souvent impactés par de nombreux phénomènes, et sont de ce fait compliqués à interpréter. Ainsi, c’est l’observation du chat dans son milieu qui semble être la piste privilégiée pour évaluer le bien-être. Cette observation se fait au niveau de l’aspect corporel et du comportement. Les 3 paramètres corporels observés sont liés à la forme du corps : la prise de poids, la musculature et le pelage. Un chat qui ne se lave plus ou qui se lèche de manière compulsive est un chat stressé et perturbé. Au contraire un poil soyeux est signe que le chat est en bonne santé et épanoui. L’observation du comportement permet d’identifier des signes de stress et de mal-être mais aussi des signes positifs de confiance et d’apaisement. Les principaux signes de mal-être sont le fait d’uriner de manière non contrôlée, d’avoir une attitude agressive, une perte d’appétit, un toilettage compulsif ou encore de détruire son environnement. Au contraire, un chat dans un état de bien-être peut être identifié par l’échange de regards accompagnés de clignements des yeux très lents, un ronronnement dans une situation de relaxation, un toilettage complet, ainsi que toute tentative de contact et de rapprochement avec son propriétaire.

Aujourd’hui des questionnaires ont été développés à destination des propriétaires pour évaluer le bien-être de leur chat et leur qualité de vie. Ils reprennent les notions d’observation qui viennent d’être présentées, celles-ci étant notées en fonction de leur importance et de la fréquence d’observation. Malgré les différentes méthodes présentées, la mesure du bien-être n’est pas encore obtenue de façon rigoureuse. Le propriétaire du chat reste la personne la plus à même d’en juger. L’enrichissement de l’environnement permettant au chat de se comporter de manière naturelle et instinctive, ainsi qu’une relation saine et respectueuse, sont la meilleure façon de permettre à un chat d’accéder au bien-être. Cet état de bien-être favoriserait une meilleure santé comme de nouvelles études scientifiques cherchent à le démontrer.

 

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