Journal de bord

L’alimentation Bio pour animaux domestiques en Europe : un nouveau marché pour les acteurs du Pet Food

Alcimed, société de conseil en innovation et développement de nouveaux marchés fait le point sur une nouvelle tendance de fond dans les aliments destinés aux animaux domestiques et portée par les exigences de leurs propriétaires.

Entraînés par la demande des consommateurs pour une alimentation humaine informée et saine, les produits pour animaux domestiques prennent à leur
tour le virage du « bio ». D’abord stimulée par des animaux de plus en plus considérés comme des membres à part entière de la famille, l’industrie du Pet
Food est depuis longtemps marquée par une « premiumisation », c’est-à-dire l’enrichissement des produits en éléments nutritionnels naturels et de
qualité. Désormais, le label bio implique un sourcing plus strict, des processus de fabrication moins chimiques et une meilleure transparence quant à la conception des croquettes et autres pâtés.

N.B.: Aliments premium pour animaux: Il s’agit d’aliments enrichis en éléments nutritionnels et de qualité (protéines, fibres) et souvent adaptables aux conditions physiologiques d’un animal (croissance, senior, digestion, surpoids, etc.)

Qui propose aujourd’hui des aliments pour animaux domestiques bio en Europe?

Les croquettes ou pâtés « bio » pour animaux domestiques sont à l’heure actuelle globalement absents des portefeuilles produits des grandes enseignes, ce marché étant encore petit en comparaison de la nourriture dite « premium ». Ainsi, la plupart des acteurs de ce secteur se trouvent être majoritairement des petites et moyennes entreprises, avec une activité souvent locale. Il est à noter que toutes ne disposent pas des capacités de production suffisantes, et peuvent avoir recours à un sous-traitant répondant aux normes de fabrication de produits « bio ». Enfin, la grande majorité de ces acteurs du « bio » proposent uniquement des croquettes, aussi appelée nourriture sèche (en opposition à la « nourriture humide », dont font partie les pâtés). En effet, d’une part les consommateurs considèrent que les croquettes sont plus pratiques à utiliser au quotidien et d’autre part le procédé de production des croquettes est moins complexe que celui de la nourriture humide.

Une règlementation européenne encore en construction

Si la mise en avant de la naturalité et des bienfaits nutritionnels des croquettes est une tendance qui s’observe depuis plusieurs années déjà, le label bio permet d’apporter des garanties supplémentaires, car il implique un cahier des charges strict encadrant matières premières et procédés de fabrication. Cependant si le cahier des charges de l’alimentation bio à destination humaine s’est vu harmonisé à l’échelle de l’UE (textes 834/2007 et 889/2008 de la Règlementation Européenne), il ne s’applique pas aux aliments « bio » à destination des animaux domestiques, et il n’existe aucune règlementation européenne spécifique à cette catégorie de produit. Ainsi, chaque membre de l’UE définit lui-même ses propres règles de ce que sera ou non une alimentation pour animaux domestiques issue de l’agriculture biologique. Certains pays comme la France, émettent des textes nationaux spécifiques indiquant les consignes à suivre pour l’élaboration de tels produits, tandis que d’autres, comme le Royaume-Uni, se réfèreront directement à la législation en vigueur pour l’alimentation humaine.

La question de la « labellisation » de ces produits se pose alors. En effet, le logo « bio » européen ne peut être affiché sur un aliment pour animaux domestiques, la réglementation européenne ne le reconnaissant pas dans ses textes. Seuls les labels nationaux sont encore une fois autorisés. Cette « division » règlementaire n’est pas sans conséquence, car elle complexifie considérablement l’exportation des produits à travers l’Europe, le produit devant ainsi satisfaire aux conditions de chaque Etat.

Les contraintes techniques

Proposer une gamme d’aliments pour animaux domestiques issus de l’agriculture biologique implique une première contrainte liée au sourcing des matières premières « bio ». En effet, elles sont présentes en quantité restreinte et à un prix plus élevé que les matières premières conventionnelles. Deuxièmement, cela implique la mise en place de procédés de fabrication plus contraignants car les lignes de production d’aliments biologiques doivent être séparées de celles dédiées aux produits standards, afin d’éviter toute contamination par des produits non issus de l’agriculture biologique. En conséquence, les industriels du secteur sont parfois amenés à trouver l’équilibre en proposant une qualité plus élevée sans trop impacter leur prix.

Quel avenir pour la nourriture bio pour animaux domestiques ?

Impacté par un approvisionnement limité et par des contraintes techniques, le marché des aliments bio pour animaux demeure à l’heure actuelle une infime part du marché global du Pet Food. De plus, l’absence de règlementation européenne harmonisée demeure un frein pour la mise sur le marché de ces produits. Cependant des facteurs comme l’évolution du statut des animaux domestiques, de plus en plus considérés comme des membres de la famille, et des exigences en qualité de plus en plus poussées de la part des consommateurs portent à croire que ce marché « imitera » la tendance de l’alimentation humaine, comme le montre l’arrivée dans les rayons de nourriture « vegan » pour animaux.

N.B.: Données de marché Européen Source : (PetFood Industry.com)

  • – Marché global du Pet Food: US$  23,74 Mrds
  • – Pet Food “bio”: US$ 20-50 Mn (0,1 à  0,2% du marché global)

 

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