Quelles sont les trois principales composantes de cette réussite de la scène biotech belge par Alcimed

La scène biotech belge : pourquoi la Belgique est une puissance de la biotech ?

En 2018, le journal belge De Tijd écrivait que « les entreprises biotech belges telles que Biocartis, Galapagos, Argenx, Celyad, MDxHealth et bien d’autres encore étaient en train de conquérir le monde ». La même année, l’acquisition par Sanofi de la société de biotechnologie Ablynx pour 3,9 milliards d’euros et le partenariat de Gilead avec Galapagos pour 5,1 milliards d’euros un an plus tard ont renforcé la réputation de la Belgique en tant que leader européen de l’innovation dans les sciences de la vie. Selon Business Belgium, les entreprises de la scène biotech belge représentent 16 % du chiffre d’affaires européen de la biotech et près de 10 % de leurs dépenses de R&D. Au vu des nouvelles récentes, il n’est pas surprenant que de nombreux investisseurs aient commencé à s’intéresser de plus près à cette scène biotech belge émergente. En Flandre, on trouve des acteurs puissants dans le domaine des petites molécules thérapeutiques, des technologies des nanoparticules et de l’ARNm, et de l’agrotechnologie. La Wallonie, quant à elle, possède une forte empreinte dans les thérapies cellulaires et les vaccins. Qu’est-ce qui fait de la Belgique une puissance en matière de développement biotechnologique ? Alcimed explore les trois principales composantes de cette réussite belge.

La Belgique abrite des acteurs de premier plan à l’échelle mondiale dans toutes les sphères d’innovation : universités, grandes entreprises pharmaceutiques et PME

L’innovation en biotechnologie émerge généralement dans trois sphères distinctes : les centres de recherche universitaires, les grandes entreprises pharmaceutiques ou agroalimentaires, et les PME. La Belgique abrite des acteurs de premier plan dans tous ces domaines. Des universités de recherche de renommée mondiale comme la KU Leuven et l’Université de Gand jouent un rôle central dans la création et l’échange de connaissances, qui sont deux moteurs essentiels du développement du secteur biotech. Avec l’Institut flamand de recherche en biotechnologie (VIB) et l’Imec, un centre de premier plan au niveau mondial dans le domaine de la nanoélectronique et des technologies numériques de santé, le gouvernement belge a créé deux centres de connaissances qui mènent des recherches fondamentales et sont d’excellents viviers d’innovation.

En outre, les dix premières entreprises pharmaceutiques, dont Novartis, Pfizer, Sanofi, Janssen Pharmaceutica et GSK, ont implanté leurs principales activités de recherche en Belgique. Les collaborations entre ces grands acteurs et les entreprises biotech émergentes, comme par exemple l’accord entre Gilead et Galapagos, favorisent le développement du secteur de la biotechnologie. Enfin, la Belgique dispose également d’un tissu de PME très dynamique, avec des entreprises telles que Confo Therapeutics, qui a remporté en 2019 le prix européen de la PME biotech pour le développement d’une plateforme de recherche en médicaments innovants.

Les essais cliniques sont facilités grâce à un accès privilégié à des capitaux et à des structures publiques efficaces

Outre la diversité d’acteurs puissants présents, la scène biotech belge bénéficie d’un environnement de R&D très favorable. Tout d’abord, les entrepreneurs ont de nombreuses possibilités pour lever des capitaux en R&D, les investisseurs privés et publics ayant la volonté d’investir dans le domaine de la biotechnologie. Fund +, Vesalius Biocapital et Newton BioCapital de Droia comptent parmi les sociétés de capital-risque les plus actives dans ce domaine.

Outre ces acteurs privés, les gouvernements régionaux débloquent également des fonds à destination des jeunes pousses de la biotech belge par l’intermédiaire d’entités telles que la Participation Company Flanders (PMW) et la Société régionale d’investissement de Wallonie (SRIW). Selon BNP Paribas, ces investissements locaux provenant à la fois d’acteurs privés et publics créent un « effet boule de neige » attirant les investisseurs étrangers. Mais les autorités belges n’aident pas seulement par le biais de fonds. Le gouvernement belge approuve les essais cliniques sur l’homme dans un délai de 15 à 20 jours, alors que dans la France voisine, la procédure accélérée nécessite 40 jours. Grâce à cet environnement favorable, plus de 1500 essais cliniques sont en cours en Belgique à l’heure actuelle.

Le niveau élevé de coopération dans l’écosystème belge de la santé est un autre moteur du secteur biotech belge

Une autre clé de la réussite de la scène biotech belge est l’étroite collaboration existante entre les différents acteurs que sont le gouvernement, le monde universitaire et les entreprises. Le gouvernement belge et les acteurs de l’industrie unissent régulièrement leurs forces pour travailler sur des priorités stratégiques comme avec le « Pacte d’avenir pour le patient et avec l’industrie pharmaceutique » en 2016. Cette initiative, lancée par la ministre belge de la santé de l’époque, Maggie de Block, visait, entre autres sujets, à améliorer la disponibilité et l’accessibilité financière des médicaments orphelins tout en facilitant les investissements des entreprises.

En outre, un nombre croissant d’entreprises belges adoptent une approche d’innovation ouverte ou une approche « d’écosystème » pour soutenir les jeunes entreprises. En 2018, J&J, la société mère de Janssen Pharmaceutica, a créé son premier « JLABS » européen, un incubateur d’innovation en Belgique. Il est prévu d’y accueillir jusqu’à 30 start-ups des sciences de la vie travaillant sur des innovations dans le domaine de la santé : entreprises de dispositifs médicaux, acteurs des secteurs biotechnologique et pharmaceutique et start-ups dans le domaine de la santé des consommateurs. J&J entend aider les entrepreneurs à faire progresser le développement de leurs produits en leur fournissant des infrastructures, une expertise et un financement. L’une des premières entreprises à bénéficier de ce soutien a été Clarity Genomics, une start-up spécialisée dans l’analyse des microbiomes dans le cadre d’essais cliniques. D’autres entreprises telles que GSK ont mis en place des incubateurs similaires, donnant ainsi un nouvel élan à la scène biotech belge, déjà très dynamique.

La Belgique, et en particulier la Flandre, est régulièrement considérée comme l’une des régions européennes les plus attrayantes pour les investissements biotech et pharma. Grâce à la présence d’universités, de sociétés pharmaceutiques et de PME de premier plan au niveau mondial, à un environnement R&D favorable et à un niveau élevé de coopération entre les différents acteurs belges, les innovations biotechnologiques peuvent rapidement se transformer en produits. Chez Alcimed, nous sommes fiers de faire partie de cet écosystème dynamique et nous avons hâte d’écrire les prochains chapitres de cette réussite de la biotech belge !


A propos des auteurs
Dorothée, Responsable de mission, Anouk, et Martin, Consultants Senior dans l’équipe Santé d’Alcimed en Belgique

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