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5 tendances qui pourraient révolutionner la prise en charge du diabète

 

442 millions d’adultes souffrent du diabète dans le monde selon l’Organisation Mondiale de la Santé, soit un adulte sur 11. Selon les estimations, ce nombre atteindra 520 millions d’ici 2030, soit une augmentation de 17%. Pour tous les patients de Type 1 et les cas les plus sévère de Type 2, une surveillance fréquente du taux de glucose dans le sang ainsi que des injections quotidiennes d’insuline sont nécessaires afin d’éviter le risque d’hypo- et d’hyperglycémie. De plus, le diabète provoque souvent des complications telle que la cécité, des accidents cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, une insuffisance rénale ou même des amputations des membres inférieurs. Alcimed présente dans cet article cinq tendances clés qui ont le potentiel de transformer le quotidien des patients diabétiques d’ici 2030.

1. Les technologies de radiations pour une surveillance non-invasive du glucose

L’utilisation de différentes radiations électromagnétiques, telles que les rayonnements infrarouges, la spectroscopie Raman, thermale ou photoacoustique, ou encore les ondes millimétriques, permettent de mesurer à distance la concentration de glucose dans le sang, ponctuellement ou en continu, sans se piquer.

Certaines solutions sont déjà sur le marché, comme le dispositif GlucoTrack qui se place sur le lobe de l’oreille. D’autres sont en cours de développement avancé, comme GlucoWise, qui s’utilise entre le pouce et l’index, K’Watch, une montre connectée, ou SugarBeat, un patch qui se fixe sur le bras.

Le débat sur la question de l’adoption de ces dispositifs par des patients non-insulinodépendants – qui constituent la vaste majorité des patients diabétiques – reste ouvert. La démonstration du réel bénéfice clinique d’une mesure continue du glucose pour ces patients pourrait favoriser cette adoption, ainsi que le remboursement de ces dispositifs par les systèmes de santé.

2. Une insuline intelligente réactive à l’augmentation de la glycémie

L’insuline intelligente désigne une forme d’insuline destinée à rester dans le sang pendant une longue durée mais ne s’activant que lorsque la glycémie augmente. Cette solution rendrait la surveillance de la glycémie obsolète, simplifiant considérablement le quotidien des patients diabétiques.

Deux pistes existent à ce jour : le développement d’une molécule d’insuline chimiquement modifiée afin d’être réactive au glucose, ou l’encapsulation de l’insuline au sein d’un matériau réactif au glucose. La JDRF est très impliquée dans ce domaine, tout comme d’autres sociétés telles que Thermalin Diabetes, Glycostasis, Ziylo, Sensulin ou Zenomics.

3. Le pancréas bio-artificiel pour soigner la résistance à l’insuline

Une autre piste prometteuse vise à fournir au pancréas de nouvelles cellules capables de produire de l’insuline. A ce jour, trois types de cellules ont des résultats prometteurs : les cellules souches, les cellules matures humaines et les cellules béta (cellules pancréatiques productrices d’insuline) de cochons. Ces cellules doivent être ensuite protégées du système immunitaire au moyen d’un système d’encapsulation, qui permettrait toutefois à l’insuline de sortir et à l’oxygène d’alimenter ces cellules. La société Viacyte est une des plus avancée dans ce domaine, avec un nouveau traitement actuellement en Phase I d’étude clinique.

4. L’immunothérapie comme vaccin contre le diabète de type 1

Comme pour d’autres maladies auto-immunes, l’immunothérapie pourrait prévenir l’avènement du diabète de Type 1 en empêchant, ou a minima en retardant, l’autodestruction des cellules pancréatiques. Cette thérapie pourrait être particulièrement pertinente chez toutes les personnes ayant des prédispositions génétiques à cette maladie.

Différentes approches sont actuellement en cours de développement : utilisation du vaccin contre la tuberculose par le Massachusetts General Hospital, développement d’un anticorps monoclonal par la société biopharmaceutique Provention Bio, ou utilisation de peptides synthétiques modifiés par la startup belge Imcyse. Les études cliniques se multiplient, aux bénéfices des futurs patients diabétiques.

5. Le microbiote intestinal, une armée contre le diabète de type 2

Finalement, plusieurs études récentes montrent un lien clair entre le microbiote intestinal et le diabète de Type 2 : ce serait en effet l’absence d’une combinaison de bactéries, encore inconnues à ce jour, qui contribuerait fortement au développement de l’obésité et in fine au diabète de Type 2.

Les implications cliniques de cette découverte se traduisent par des potentielles transplantations de microbiote fécal d’un donneur sain vers un patient diabétique. Cette thérapie favoriserait une perte de poids conséquente ainsi qu’une meilleure régulation de la glycémie.

De nombreuses universités et instituts de recherche dans le monde travaillent activement dans ce domaine, aujourd’hui très médiatisé : l’Université d’Amsterdam aux Pays-Bas, l’ICAN en France, l’université de Gothenburg en Suède ou l’université de Washington aux Etats-Unis.

 

Si les espoirs sont grands, le chemin vers des systèmes totalement non invasifs et des thérapies curatives du diabètes est encore long. L’augmentation constante de la prévalence du diabète, les coûts associés pour les systèmes de santé, et les disparités régionales croissantes des soins sont autant de problèmes auxquels nous devrons faire face dans les années à venir, en parallèle du développement de ces nouveaux traitements innovants.

A propos des auteurs

Sophie, Consultante Senior dans l’équipe Santé d’Alcimed en Suisse
Quentin, Responsable de Mission dans l’équipe Santé d’Alcimed en Suisse

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