Agriculture française - 3 défis à relever pour demain

Agriculture française : 3 défis à relever pour demain

 

De profonds bouleversements transforment nos sociétés : croissance démographique, vieillissement de la population, réchauffement climatique, inégalités et déséquilibre socio-démographique… Le monde agricole, en pleine transformation, doit également s’adapter pour répondre à ces bouleversements. Ces enjeux sont complexes à adresser car interdépendants et impliquent l’action conjointe de tous les acteurs, allant des entreprises aux institutions publiques en passant par les agriculteurs et les consommateurs-citoyens. L’équipe Agroalimentaire d’Alcimed fait le point sur trois enjeux auxquels doit faire face l’agriculture française d’aujourd’hui.

1. S’adapter et contribuer aux enjeux environnementaux en limitant les émissions de gaz à effet de serre

Le monde fait face à un dérèglement climatique global qui occasionne des épisodes météorologiques de plus en plus difficiles à prévoir. L’agriculture française subit les effets de ces bouleversements. Pourtant, elle est également pointée du doigt et doit s’adapter pour contribuer aux plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre. On considère en effet que ce secteur contribue à hauteur de 16% aux émissions de GES françaises, derrière le secteur des transports (29%). L’élevage bovin, dont la France est le premier producteur européen, est particulièrement contributeur, notamment via la production d’aliments, la fermentation entérique et les effluents d’élevage. La valorisation des déjections, l’autonomie protéique ou encore l’optimisation énergétique et la gestion du troupeau sont autant de solutions permettant de limiter les émissions. L’Etat a par ailleurs validé en 2019 la méthodologie « Carbon Agri », permettant aux éleveurs d’être rémunérés pour leurs efforts contre le changement climatique, en vendant des crédits carbone à des entreprises ou des collectivités.

2. Réconcilier les consom’acteurs et le monde agricole français

Les exigences des consommateurs sont de plus en plus pressantes, obligeant les pratiques agricoles à se transformer : respect du bien-être animal, absence de produits chimiques, etc. Ces besoins demandent un réel effort d’adaptation du monde agricole dans la mesure où ils nécessitent des modifications des modèles et des techniques culturales dans la durée et qu’ils ne sont pas toujours en phase avec les réalités du terrain. Dans un climat d’agribashing et d’incompréhensions entre l’amont et l’aval, il est indispensable de favoriser de nouveaux liens de confiance entre les agriculteurs français et les consom’acteurs, en favorisant le dialogue et la transparence. Il est aussi nécessaire de valoriser les métiers agricoles et de montrer à la société que l’agriculture est l’une des clés permettant d’atteindre les objectifs de durabilité.

Pour cela, les technologies telles que la blockchain semblent en mesure de fonder les bases d’un nouveau dialogue où le rôle des réseaux sociaux pourra également s’accroître.

3. Assurer la résilience économique des exploitations agricoles

L’explosion démographique au niveau mondial implique des besoins croissants en termes de volumes de production. Pour répondre à cette demande, il est donc indispensable d’adapter notre modèle pour permettre aux exploitants de produire efficacement et de maintenir la rentabilité nécessaire pour vivre convenablement de leur activité. Cela s’avère toutefois être un véritable défi dans un contexte d’économies ouvertes, avec une concurrence accrue venant notamment des pays de l’Est, qui bénéficient de surfaces agricoles importantes et d’atouts croissants en termes de qualité. La résilience économique des exploitations agricoles françaises est un enjeu fort dans la mesure où elle permet d’assurer l’attractivité du métier d’agriculteur et ainsi de préserver un secteur économique de première importance en France.

L’agriculture française fait face à des enjeux majeurs demandant une transformation profonde : il est nécessaire de créer de nouveaux systèmes résilients d’un point de vue économique et environnemental tout en s’adaptant aux demandes de l’aval et en recréant un lien de confiance avec la société. L’adoption de pratiques culturales durables passe également par l’utilisation d’outils comme le numérique avec des solutions performantes, accessibles d’un point de vue financier et interopérables ; ou encore par des progrès en matière de génétique, malgré un cadre contraint dans un contexte de concurrence mondialisée.

 

A propos des auteurs

Clémence, Consultante Senior, Alcimed Paris Agro
Mathieu, Responsable de Mission, Alcimed Paris Agro

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