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Comment peut-on atteindre la souveraineté numérique en France ?

La question de la souveraineté numérique de la France est une question omniprésente depuis plusieurs années dans le débat public. Ces dernières années, le sujet s’est renforcé, notamment avec la crise sanitaire et le contexte géopolitique. En effet, la crise covid19 et les confinements nous ont amené à repenser nos modes de vie et notamment à mettre en place le télétravail qui a accentué notre dépendance au numérique. Par ailleurs, depuis le début du conflit en Ukraine la cybersécurité représente un objectif stratégique pour les acteurs de l’IT. Les cyberattaques se développent largement, entrainant une guerre cyber avec une monétisation des données et de nombreux enjeux politiques et économiques sous-jacents. Alcimed revient sur les enjeux de la souveraineté numérique et sur les pistes de solutions qui émergent.

Définition de la souveraineté numérique

Aujourd’hui, de nombreux auteurs parlent de cette souveraineté comme de la capacité d’un Etat à agir dans le cyberespace et à influencer le destin du numérique.

La notion de « souveraineté numérique » est apparue au début des années 2000 mais c’est seulement en 2011 que Pierre Bellanger, président de Skyrock, apporte une première tentative de définition du concept : « La souveraineté numérique est la maîtrise de notre présent et de notre destin tels qu’ils se manifestent et s’orientent par l’usage des technologies et des réseaux informatiques. » Cette première tentative permettra de mettre en avant le fait qu’une souveraineté numérique est un enjeu commun aux entreprises, citoyens et acteurs publics. Cependant, même si en 2016 l’expression est légalement adoptée par la loi pour une République Numérique[1], il n’existe toujours pas de définition officielle.

Sans définition qui fasse consensus, il reste donc compliqué d’appréhender la souveraineté numérique. Aujourd’hui de nombreux auteurs parlent de cette souveraineté comme de la capacité d’un Etat à agir dans le cyberespace et à influencer le destin du numérique. En effet, nos sociétés deviennent de plus en plus dépendantes des technologies et des entreprises qui les contrôlent et il semble crucial pour les Etats de préserver et/ou de reconquérir une part du pouvoir qui s’exerce dans ces nouveaux espaces pour garantir la souveraineté numérique.


En savoir plus sur les enjeux liés à la souveraineté numérique >


Innovation technologique et souveraineté numérique

En 2020, selon une étude Opinion Way, une entreprise sur cinq a été victime d’une cyberattaque et 58% des PME victimes ont eu des « dommages économiques sérieux » dans les six mois ayant suivi l’attaque.

Le développement des nouvelles technologies (IA, objets connectés, web3, …) permet aujourd’hui des progrès considérables dans les domaines industriels tels que l’agriculture, la santé ou encore l’énergie. En France, on voit de nombreuses initiatives émerger, notamment dans le panorama des start-up.

On peut par exemple évoquer les systèmes de e-santé qui permettent des avancées majeures dans l’amélioration des parcours de soins des patients : BoraCare, par exemple, est une montre connectée de télésurveillance à domicile des patients insuffisants cardiaques. Grâce à une plateforme les médecins peuvent récupérer en continu les données patients, faire des diagnostics prédictifs et améliorer la recherche grâce à une récupération de nombreuses données patients.

Ou encore la société Skeyetech qui développe des drones qui peuvent servir pour l’inspection et la surveillance de site industriel sensibles comme, par exemple, celui de BASF en Allemagne.

Cependant ces progrès vont de pair avec la circulation et l’utilisation des données dont la valeur a pu être sous-estimée, avec une mainmise tentaculaire des GAFAM sur l’économie mondiale et la dépendance numérique des Etats, dont la France. Pour appuyer ces propos on peut prendre l’exemple de Google qui concentre à lui seul plus de 90% des requêtes sur internet dans le monde,générant des milliards de données et de nombreuses parts de marché. Cette concentration des requêtes renforce donc la puissance de Google et la dépendance de certains Etats.

Par ailleurs, les territoires et entreprises font également face à un enjeu de cybersécurité. En 2020, selon une étude Opinion Way, une entreprise sur cinq a été victime d’une cyberattaque et 58% des PME victimes ont eu des « dommages économiques sérieux » dans les six mois ayant suivi l’attaque. Parmi les cyberattaques, aujourd’hui le phishing reste une des plus développées, représentant environ 90% des cyberattaques contre les organisations. Cependant, malgré une augmentation des sensibilisations, le risque reste encore souvent sous-estimé par les organismes et les citoyens, favorisant ainsi la réussite de ces attaques.

Aujourd’hui la question reste donc de savoir comment faire face à ces problématiques pour améliorer notre souveraineté numérique tout en continuant à développer nos innovations technologiques ?

La mise en place d’innovations publiques pour répondre à ces enjeux

Pour répondre à cette question, Alcimed a relevé plusieurs pistes de solutions qui semblent émerger dans le débat public :

Développer une politique industrielle forte pour innover et développer des solutions technologiques locales

Nous avons mis en évidence que la France possédait une forte expertise en matière d’innovation dans les nouvelles technologies mais que la protection des données était un frein majeur. Afin de lever ce frein, des initiatives sont mises en place par les entreprises et les pouvoirs publics :

  • Le gouvernement a annoncé un plan de soutien de 1,5 milliard d’euros pour favoriser le développement d’une économie locale avec des investissements pour la recherche et la création de start-ups. Ce plan contribue à créer des start-ups « Made in France » comme Biosency, à l’origine de la solution BioCare présentée ci-dessus, dont l’ensemble du développement et le stockage des données sont réalisés en France.
  • Les hôpitaux de santé, quant à eux, choisissent de monter leurs propres entrepôts de données de santé pour limiter leurs circulations. La création de ces données de santé, en dehors de limiter les risques de monétisation et d’échanges de données, favorise aussi largement l’analyse des données de santé par les professionnels permettant ainsi l’amélioration des soins patients, l’efficacité des services et réduisant les coûts d’exploitation.

L’exemple de ces deux initiatives met en avant l’importance de développer des solutions françaises pour améliorer notre souveraineté numérique mais également favoriser notre compétitivité. Cependant ces innovations ne peuvent se faire au profit de la sécurité et il est donc également important d’améliorer en parallèle notre cybersécurité.

Améliorer la cybersécurité pour renforcer notre souveraineté numérique

Pour ce faire, le gouvernement prévoit de mettre en place des interlocuteurs cyber de proximité, le « 17 cyber », pour permettre de signaler une cyberattaque en direct. En parallèle il souhaite renforcer l’accompagnement cyber des TPE/PME et sensibiliser « 100% des entreprises » aux risques. Enfin, la formation pourrait également être un levier majeur, avec le développement de formations spécialisées en cybersécurité.

La souveraineté numérique est donc un enjeu majeur pour la souveraineté économique et la compétitivité des territoires. Cependant de nombreuses innovations commencent à voir le jour, avec un vrai engagement de la part des entreprises et des instituts publics dans la création de solutions françaises. Aujourd’hui l’accompagnement de ces acteurs est un levier majeur pour continuer à pousser ces initiatives. Nos équipes peuvent vous aider à comprendre les enjeux de souveraineté numérique liés à votre activité et à imaginer des solutions à mettre en place (innovations technologiques, stratégie de transition numérique, nouveau business model, etc.). N’hésitez pas à nous contacter !

[1] Loi pour le numérique : Loi française qui favorise l’Open-data, renforce la protection des citoyens dans la société numérique et l’accès au numérique pour tous. Elle a été mise en place suite à une concertation nationale lancé en 2014.


A propos de l’auteure, 

Charlotte, Consultante au sein de l’équipe Innovation et Politiques Publiques d’Alcimed en France

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