Santé

ASCO 2022 : coup d’œil sur les points marquants de cette réunion annuelle

Publié le 22 septembre 2022 Lecture 25 min

En 2022, le congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) s’est tenu à Chicago avec une possibilité de participation en ligne. L’événement a présenté les progrès de l’année passée, concernant la recherche sur les cancers. Les découvertes les plus importantes concernaient  le cancer du sein, les lymphomes, les cancers du tractus gastro-intestinal et le cancer de la vessie. Chez Alcimed, nous vous avons résumé certaines de ces découvertes rencontrées à l’ASCO 2022.

Innovations dans le cancer du sein à l’ASCO 2022

DESTINY-Breast04

Lors de cette édition 2022 de l’ASCO, la découverte la plus frappante dans la recherche contre le cancer du sein concernait un traitement par le récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2). Pour les patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique avec une faible expression de HER2 (précédemment classées HER2 négatif), l’essai de phase III DESTINY-Breast04 a pu démontrer que le traitement de deuxième intention avec le trastuzumab deruxtecan (T-DXd) dirigé contre HER2 était supérieur au traitement standard, entraînant une survie sans progression (SSP) et une survie globale (SG) significativement plus élevée chez ces patientes. La SSP est passée de 5,4 mois à 10,1 mois, et la SG de 17,5 à 23,9 mois.

C’est la première fois qu’un traitement destiné à l’HER2 permet d’identifier une population HER2-faible et soutient l’utilisation de T-DXd dans l’indication des cancers HER2-faible (précédemment HER2 négatif).

En outre, ce traitement est efficace pour les indications des cancers du sein HER2-faible, indépendamment du statut des récepteurs hormonaux (RH). Cela veut dire que la thérapie fonctionne également chez les patientes HER2-faible/RH négatif, précédemment connues sous le nom de patientes atteintes de cancer du sein triple négatif, une population très difficile à traiter.

MAINTAIN

Une autre découverte du congrès ASCO 2022 sur cette indication du cancer du sein a été étudiée par MAINTAIN, par un essai clinique de phase II qui a examiné le rôle du traitement par ribociclib chez les patientes atteintes d’un cancer du sein ER-positif, HER2-négatif. Les patientes incluses avaient déjà reçu un inhibiteur de CDK4/6 (palbociclib, pribociclib, palbociclib, abemaciclib ou autre), étaient passés à un traitement endocrinien, soit le fulvestrant ou l’exemestand, après une progression de la tumeur. Dans certains cas, ce traitement a été complété par du ribociclib. L’association avec le ribociclib a permis d’améliorer significativement la SSP, de 2,76 à 5,33 mois. Cette étude a inclus des données jusqu’à 12 mois après le traitement et a démontré un effet prometteur du ribociclib supplémentaire pour les patientes atteintes d’un cancer du sein HER2-négatif et ER-positif.


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Innovations dans le traitement des lymphomes à l’ASCO 2022

ECHELON-1

Pour le lymphome de Hodgkin classique, un essai clinique de phase III a été mené pour examiner l’utilisation du brentuximab vedotin avec une chimiothérapie comprenant la doxorubicine, la vinblastine et la dacarbazine en comparaison avec l’échange du brentuximab pour de la bléomycine. Dans ce cas, la SG a significativement augmenté de 39 à 64 mois et une augmentation non significative de la SSP à 6 ans a également été démontrée. De plus, le brentuximab n’a pas entrainé de diminution du profil de sécurité. Les auteurs ont donc estimé ce traitement bénéfique par rapport au groupe témoin, montrant une progression dans le traitement du lymphome de Hodgkin.

Innovations dans le cancer du côlon et du rectum à l’ASCO 2022

PARADIGM

L’essai clinique de phase III appelé PARADIGM a évalué l’efficacité du panitumumab par rapport au bevacizumab, les deux en association avec la chimiothérapie standard de première intention à deux composants (la leucovorine, le 5-fluorouracile et l’oxaliplatine appelée mFOLFOX6,) pour traiter le cancer colorectal métastatique (CCRm) et les tumeurs primaires gauches. Les auteurs ont pu montrer que les patients japonais atteints d’un cancer colorectal métastatique du côté gauche ainsi que d’un système RAS WT (cancers colorectaux métastatiques qui ne présentent pas de mutation dans les gènes RAS communément mutés) ont vu leur taux de SG s’améliorer de manière significative par rapport à l’association avec le bevacizumab, mais pas la SSP. Ces résultats présentés à l’ASCO 2022 pourrait constituer un traitement curatif de première ligne pour les patients atteints de mCRC.

Le dostarlimab pour le cancer du rectum

Dans le but de traiter les patients atteints d’un cancer du rectum présentant un déficit de réparation des mésappariements et pour lesquels la chimiothérapie néoadjuvante associée à la radiothérapie et à la résection rectale est inefficace, une étude clinique de phase II a évalué l’utilisation du dostarlimab avant le traitement standard. Le dostarlimab est un anticorps monoclonal PD-1, et ces patients sont sensibles au blocage de PD-1. L’étude a pu montrer une réponse complète clinique (RCC) de 100 % (12 patients), c’est-à-dire qu’aucun résidu de tissu cancéreux n’a été détecté après le traitement dans les 25 mois. Ceci est un résultat prometteur pour les patients atteints d’un cancer du rectum avancé, en attente des essais plus longs.

DYNAMIC

L’essai clinique de phase II DYNAMIC s’est focalisé sur le cancer du côlon de stade II et sur le potentiel de l’ADN tumoral circulant (ADNc) suivant une chimiothérapie adjuvante comme marqueur relatif à la survie sans récidive. Les auteurs ont pu montrer que chez les patients qui n’expriment pas d’ADNc, la chimiothérapie adjuvante n’est pas nécessaire et que son omission ne diminue pas la survie sans récidive. Cette étude a pu montrer que l’ADNc est un marqueur intéressant pour évaluer si la chimiothérapie adjuvante est utile chez les patients atteints d’un cancer du côlon de stade II.

Les innovations dans le cancer de la vessie à l’ASCO 2022

QUILT-3.032

Un essai clinique de phase II a été mené sur des patients atteints d’un cancer de la vessie non invasif sur le plan musculaire, qui n’ont pas connu d’amélioration grâce au Bacillus Calmette-Guérin (BCG), l’immunothérapie la plus courante pour le cancer de la vessie. Cet essai clinique a montré un taux de réponse complète pendant 2 ans de 70 % en utilisant un activateur de l’IL-15, le N-803. Il s’agit d’une étude multicentrique qui révèle une approche prometteuse pour le cancer de la vessie.

Dans l’ensemble, le congrès de l’ASCO 2022 a été un événement révélateur pour le cancer du sein HER2 et a permis de faire d’autres découvertes fascinantes. Pour continuer à suivre les dernières avancées en oncologie et découvrir notre expertise, rendez-vous sur notre Centre d’Exploration en Oncologie.


A propos des auteurs,

Volker, Grand Explorateur Oncologie, et Saida, Consultante au sein de l’équipe de Santé d’Alcimed en Allemagne

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