De la nécessité d’un parcours de soin optimal : le cas des patients insuffisants cardiaques

Alors que l’insuffisance cardiaque touche aujourd’hui 1 500 000 français et a un taux de mortalité élevé, avec 25% de décès dans l’année suivant un épisode aigu de décompensation cardiaque, sa prise en charge n’est pas optimale. Parmi les patients insuffisant cardiaque, 50% d’entre eux sont réhospitalisés sur une année alors que 64% de ces hospitalisations pourraient être évitées et ainsi engendrer une économie d’environ 836 millions d’euros. En effet, les traitements de première et de deuxième ligne qui existent, associés au suivi de recommandations hygiéno-diététiques, ont montré leur efficacité. C’est donc un besoin organisationnel non satisfait qui cause le mauvais usage de ces traitements et recommandations, au détriment des patients, du système de santé mais aussi des laboratoires pharmaceutiques proposant ces traitements. Dans ce contexte, Alcimed investigue pour vous, les causes sous-jacentes de ces dysfonctionnements et les raisons d’agir pour l’industrie pharmaceutique.

Insuffisance cardiaque : du diagnostic au traitement, un parcours patient jalonné de difficultés

L’insuffisance cardiaque est souvent diagnostiquée lors d’une exacerbation de la pathologie, menant les patients en urgence à l’hôpital, alors que des signes d’alerte (EPOFs) devraient permettre de la détecter en phase chronique pour être prise en charge en ville. En France, environ 50% des patients atteints d’insuffisance cardiaque ne sont pas diagnostiqués, à cause d’une part, d’une mauvaise connaissance des signes EPOFs et d’autre part, de la prise en charge par des professionnels de ville, non spécialistes de l’insuffisance cardiaque et non équipés pour une bonne détection de cette pathologie souvent entourée de nombreuses comorbidités.

Que ce soit lors du diagnostic ou d’une dégradation de l’état de santé du patient, le passage aux urgences souvent surchargées induit l’orientation du patient dans un service hospitalier parfois non adapté à sa pathologie. Par exemple, le patient insuffisant cardiaque, âgé, est souvent orienté vers un service de gériatrie où il est peu probable qu’il rencontre un cardiologue. Cette prise en charge hétérogène se reflète notamment au niveau des examens réalisés et des traitements prescrits (typologie de médicament et dosage) et a pour conséquence chaque année, la sortie de la moitié des patients, sans les traitements recommandés.

Quel que soit le service de prise en charge, il est conseillé d’accompagner le patient lors de sa sortie. Or 46% des patients insuffisant cardiaques sortent de l’hôpital sans avoir conscience de leur diagnostic. De plus, l’usage de programmes d’éducation thérapeutique reste limité, en lien avec l’âge moyen élevé des patients et leurs nombreuses comorbidités. En l’absence d’une bonne compréhension de la pathologie, du traitement et des règles hygiéno-diététiques, il est estimé que 30 à 50% des patients diagnostiqués insuffisants cardiaques ne prennent pas leur traitement.

Enfin, après la sortie, lors de la phase chronique, le traitement du patient devrait être réévalué régulièrement afin d’adapter la dose ou ligne de traitement dès que nécessaire pour éviter de nouvelles exacerbations de la pathologie. Encore une fois, les professionnels de ville n’étant pas spécialisés dans l’insuffisance cardiaque et la prise en charge n’étant pas multidisciplinaire, 90% des patients traités pour insuffisance cardiaque n’ont pas recours à une réévaluation de leur traitement.

Les problèmes d’organisation qui jalonnent le parcours du patient insuffisant cardiaque varient au niveau local. Ils nécessitent d’implémenter une approche sur mesure pour s’assurer une bonne priorisation des enjeux et répondre aux plus spécifiques, rendant une action nationale centralisée peu efficace. Les laboratoires pharmaceutiques, par leur capacité de coordination au niveau national et leur ancrage au niveau local sont en capacité de soutenir une innovation organisationnelle.

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Insuffisance cardiaque : des enjeux communs pour les laboratoires pharmaceutiques, professionnels de santé et patients

Les acteurs de l’industrie pharmaceutique du secteur ont tout intérêt à prendre cette position de support, tant pour favoriser le bon usage de leurs produits que pour incarner un positionnement toujours plus centré sur les besoins des professionnels de santé et des patients.

Aujourd’hui, le diagnostic tardif de l’insuffisance cardiaque et la mauvaise évaluation de la dose induit une sous-utilisation des traitements. A la fois car les patients arrivant aux urgences auraient pu bénéficier d’un traitement, qui aurait probablement ralenti l’aggravation de la maladie. Mais aussi car un suivi des patients insuffisants cardiaques par des spécialistes, permettrait d’adapter la dose des traitements à l’évolution de leur pathologie.

D’autre part, les innovations thérapeutiques qui devraient bénéficier à tous ceux pour qui elles sont indiquées, ne peuvent être efficacement déployées sans une évaluation régulière de l’aggravation des symptômes.

Au-delà du bon usage de leurs produits, les laboratoires pharmaceutiques cherchent à apporter de la valeur différemment aux médecins et aux patients. Or ces problématiques organisationnelles minent le travail des soignants malgré leurs efforts tournés vers les besoins médicaux des patients. De leur côté, les patients dans le besoin, avec des profils âgés et pluri-pathologiques, sont voués à se multiplier avec le vieillissement de la population. Appuyer l’innovation organisationnelle est donc un moyen concret pour les laboratoires pharmaceutiques de soutenir les professionnels de santé et d’améliorer la vie des patients.

Si l’insuffisance cardiaque est un cas critique du fait de sa forte prévalence et de sa propension à générer des hospitalisations multiples, elle n’est pas un cas isolé. Dans de nombreuses maladies, innover pour améliorer le parcours de soin des malades pourrait se faire au bénéfice de tous : les patients, les médecins, le système de santé et les laboratoires pharmaceutiques. Alcimed peut vous accompagner pour cadrer et mettre en œuvre ces projets.


A propos de l’auteur
Mathilde, Consultante dans l’équipe Santé d’Alcimed en France

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