Diagnostic de l’encéphalopathie hépatique : la SRM, innovation prometteuse ?

Actuellement, on estime que 1,5 milliard de personnes dans le monde souffrent de maladies chroniques du foie. Parmi ces personnes atteintes de dysfonctionnement hépatique, entre 40% et 60% développent des troubles neurologiques affectant leur vie quotidienne, des symptômes connus sous le nom d’encéphalopathie hépatique (EH). L’EH est un facteur majeur de mortalité chez les patients cirrhotiques. Le problème est que l’EH reste difficile à diagnostiquer correctement, surtout aux premiers stades de la maladie, en raison de l’absence relative de symptômes cliniquement perceptibles. En outre, sa manifestation est souvent non spécifique et partage des caractéristiques cliniques avec de nombreux autres troubles. Il en résulte des difficultés dans la prise en charge des patients et un coût global des soins plus élevé. De nouveaux outils sont donc nécessaires pour améliorer et affiner le diagnostic de l’encéphalopathie hépatique.

Quels sont les défis liés au diagnostic de l’encéphalopathie hépatique ?

Il existe plusieurs défis liés au diagnostic de l’encéphalopathie hépatique. Premièrement, les tests psychométriques utilisés dans la pratique clinique pour le diagnostic de l’EH sont souvent sujets à des biais car ils dépendent des capacités neurologiques et psychomotrices intrinsèques du patient. Cela complique l’interprétation des résultats. Deuxièmement, la classification clinique de l’encéphalopathie hépatique est largement subjective. En effet, il n’existe pas de marqueur de substitution quantitatif, c’est-à-dire de marqueur qui fournit des informations sur l’état de la maladie, son évolution et les effets des différents traitements pour le diagnostic de l’EH. De plus, l’ammonium sanguin, connu pour être un facteur central dans l’apparition et la progression de la maladie, est très difficile à mesurer de manière fiable. Il a ainsi été démontré qu’il existe une très faible corrélation entre les mesures de l’ammonium sanguin et la sévérité de l’encéphalopathie hépatique.

Il y a donc besoin de mesures non invasives des facteurs impliqués dans la pathogenèse de la maladie afin d’améliorer la précision du diagnostic des patients et donc leur prise en charge thérapeutique.

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La spectroscopie par résonance magnétique (SRM) pour l’encéphalopathie hépatique : comment ça fonctionne ?

La spectroscopie par résonance magnétique (SRM) est une nouvelle technique d’imagerie avancée utilisée en complément de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour fournir des informations supplémentaires non invasives sur la composition du tissu imagé. La SRM peut être effectuée dans le cadre d’une IRM de routine sur des instruments d’IRM disponibles dans le commerce. Alors que l’IRM mesure principalement la distribution des signaux de l’eau et des graisses dans le corps et fournit des informations structurelles, la SRM fournit des informations biochimiques sur les tissus corporels. La spectroscopie par résonance magnétique du proton en particulier (1H SRM) est une technique unique capable de fournir des informations métabolomiques dans n’importe quel volume de tissu cérébral de manière non invasive.

En Europe, trois principaux fournisseurs se partagent le marché : GE Healthcare, Philips Healthcare et Siemens Healthineers. Chacun d’entre eux a développé sa propre technologie et propose aujourd’hui des innovations spécifiques, dont certaines particulièrement dans le domaine de la spectroscopie par résonance magnétique.

La SRM : un nouvel outil pour améliorer la prise en charge de l’encéphalopathie hépatique

Les récents développements dans le domaine de la SRM ont montré que les paramètres mesurés par la SRM sont influencés par les changements de l’état neurologique du patient et les stratégies thérapeutiques dans l’encéphalopathie hépatique. La SRM pourrait donc devenir un marqueur spécifique et non invasif pour le diagnostic de l’EH. En ce sens, la SRM présente plusieurs avantages. Tout d’abord, elle peut être plus performante que les autres outils disponibles pour le diagnostic de l’encéphalopathie hépatique, notamment au stade précoce de la maladie. Elle peut également devenir un outil précieux pour évaluer l’efficacité du traitement chez les patients souffrant de cette maladie. La disponibilité d’une telle technique pourrait également stimuler le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Ces progrès dans la prise en charge des patients ne sont pas sans inconvénients. Tout d’abord, il y a le coût relativement élevé de ces examens. Il y a également la nécessité pour les hôpitaux de disposer de radiologues spécifiquement formés à la SRM. Mais les avantages de ces outils semblent l’emporter sur les quelques inconvénients qui leur sont associés.

Le diagnostic précis et la détection précoce des troubles neurologiques liés à l’encéphalopathie hépatique restent aujourd’hui un défi pour les médecins. Mais les nouvelles avancées dans les domaines de la recherche et de la clinique, la disponibilité de champs magnétiques plus élevés et les nouvelles innovations techniques sont prometteuses. À l’avenir, la spectroscopie par résonance magnétique (SRM) pourrait devenir un outil de choix pour mieux comprendre la physiopathologie de l’encéphalopathie hépatique, améliorer son diagnostic et le suivi thérapeutique des patients. Tout comme l’IRM est aujourd’hui l’outil paraclinique le plus important dans le diagnostic et le traitement des patients atteints de sclérose en plaques, la SRM a un bel avenir en tant que nouvel outil pour améliorer la prise en charge des patients dans les maladies impliquant des troubles neurologiques.

Qu’en pensez-vous ? Si votre entreprise est active dans le domaine de l’IRM, explore des innovations dans le domaine de la SRM ou tente d’améliorer les soins aux patients atteints de maladies neurologiques, n’hésitez pas à nous contacter, notre équipe Santé est là pour vous accompagner !


A propos des auteurs,

Emmanuelle, Consultante, et Quentin, Responsable de Mission au sein de l’équipe Santé d’Alcimed en Suisse

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