La Mort Cellulaire Immunogène (MCI) : bientôt un traitement alternatif contre le cancer ?

Depuis plusieurs années, de nombreux efforts ont été déployés pour développer des traitements contre le cancer. Les traitements standards actuels, tels que la chimiothérapie ou l’immunothérapie, ralentissent souvent la progression de la maladie, mais ont rarement des effets curatifs. C’est dans ce contexte que la Mort Cellulaire Immunogène (MCI) pourrait devenir une méthode alternative pour traiter le cancer à l’avenir. La MCI est un type de mort cellulaire qui a pour conséquence de déclencher une réponse immunitaire dans l’organisme. En tirant parti de la MCI, les cellules cancéreuses soumises à la MCI peuvent servir d’antigènes et induire une réponse immunitaire spécifique à la tumeur pour finalement, réduire la tumeur. Les acteurs universitaires et industriels commencent à considérer la MCI comme un traitement potentiel du cancer. Alcimed, vous donne un aperçu général des concepts, des défis et du potentiel de la MCI dans le traitement du cancer.

Qu’est-ce que la MCI et quel est son rôle dans le traitement du cancer ?

La mort cellulaire programmée bien connue, comme l’apoptose, est le moyen utilisé par le corps humain pour tuer les cellules indésirables ou nuisibles. Cependant, ce type de mort cellulaire est isolé et ne provoque aucune réponse immunitaire, ni ne sert de médiateur à la tolérance immunitaire. La MCI, au contraire, est un type de mort cellulaire lié à l’activation régulée de la réponse immunitaire, qui peut se produire à un niveau local ou avoir un effet plus systémique.
Apparu vers 2005 comme un nouveau champ d’exploration, il a été découvert que la MCI impliquant des cellules cancéreuses induisait une réponse immunitaire spécifique au cancer. En d’autres termes, les cellules cancéreuses mourantes des patients agissent ici comme un vaccin, induisent une réponse immunitaire et présentent une capacité antitumorale, c’est-à-dire qu’elles détruisent la charge tumorale. Le résultat le plus important étant que l’effet antitumoral n’est pas limité localement. Une MCI survenant dans une région tumorale semble être capable d’induire un effet antitumoral sur l’ensemble du corps et de cibler d’autres tumeurs à un endroit différent chez les patients, c’est-à-dire qu’il peut également cibler les métastases. Tout cela montre que la MCI pourrait avoir potentiellement une très grande valeur dans le traitement des cancers, de manière ciblée et efficace. Cependant, seuls certains types de cancer et certains patients y répondent efficacement. Les raisons l’expliquant sont en cours d’investigation.

Quels sont les autres défis liés à la MCI ?

Le manque de biomarqueurs fiables

La caractérisation des MCI est liée à la sécrétion de ce que l’on appelle les modèles moléculaires associés aux dommages (DAMP), c’est-à-dire des biomolécules capables de déclencher une réponse anti-inflammatoire. Les DAMP couramment observés dans les MCI sont la calréticuline, l’ATP et la présence de HMGB1. Cependant, la recherche de biomarqueurs ou de combinaisons de biomarqueurs fiables pour détecter la MCI reste un défi de taille, car aucun des DAMP mentionnés ne suffit, à lui seul, pour établir un lien avec la MCI. Comprendre où et dans quelle mesure la MCI se produit peut constituer une ligne directrice fiable pour le traitement du cancer.

Une méthode d’induction inefficace

Il a été démontré que les agents pathogènes infectieux, la chimiothérapie immunogène, la radiothérapie, la PDT à base d’hypericine, la pression hydrostatique élevée et la nécroptose sont associés à la survenue de la MCI. Les méthodes d’induction les plus acceptées chez les patients atteints de cancer sont la chimiothérapie associée à des inhibiteurs de points de contrôle et la radiothérapie. Les points négatifs de ces méthodes d’induction sont une cytotoxicité sévère et d’autres effets secondaires indésirables. Aujourd’hui, les chercheurs universitaires ont identifié de nouvelles méthodes potentielles d’induction de la MCI avec moins d’effets secondaires, comme l’induction par nanoparticules, la photoimmunothérapie et la proptose, mais la recherche en est encore à ses débuts.

Utilisation potentielle dans le traitement du cancer

Indépendamment du temps qui s’écoule entre la table de laboratoire et le lit du patient, nous pensons que la MCI offre une opportunité prometteuse comme vaccin contre le cancer pour améliorer l’efficacité des traitements existants. Avec une méthode d’induction suffisante, moins toxique et des biomarqueurs fiables, la Mort Cellulaire Immunogène pourrait constituer un traitement oncologique bouleversant les cartes à l’avenir. Chez Alcimed, nous continuerons à suivre et à décrypter le développement des traitements oncologiques. Restez à l’écoute !


A propos des auteurs,
Bin, Consultante et Volker, Grand Explorateur en Oncologie, dans l’équipe Santé d’Alcimed en Allemagne

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