Aéroports et mesures sanitaires innovantes face à la crise COVID-19 par Alcimed. Airports and innovative sanitary measures against COVID-19 by Alcimed.

Aéroports et COVID-19 : des mesures sanitaires innovantes pour riposter

Avec la pandémie de COVID-19, le monde du transport aérien doit réapprendre à vivre. Alors que des pays européens, dont la France, se lancent dans un nouveau confinement, les incertitudes dans l’évolution de cette épidémie imposent des mesures sanitaires drastiques, en particulier aux frontières et notamment dans les aéroports. Alors que la plupart des aéroports se rassemblent autour de mesures standardisées et de bonnes pratiques pour lutter contre le COVID-19, ils sont de plus en plus nombreux à aller au-delà pour rassurer les passagers, notamment au travers de solutions technologiques innovantes.

Face à la pandémie de COVID-19, un cadre international de standardisation des mesures sanitaires mis en place pour les aéroports

La COVID-19 n’est pas la première pandémie à toucher le secteur de l’aérien ces dernières décennies, et des procédures standards ont été établies depuis les années 2000. Cependant, devant l’importance du phénomène, la plupart des aéroports majeurs ont pris des mesures exemplaires pour rassurer passagers comme autorités :

  • Désinfection
  • Distanciation physique
  • Protection du personnel
  • Agencement des parcours et du mobilier
  • Communication aux passagers
  • Adaptation des installations pour les passagers.

Par exemple, la séparation des flux entre passagers provenant des pays à risques et autres passagers devient progressivement un standard, l’aéroport d’Auckland s’étant assez tôt démarqué en scindant radicalement son terminal international en deux. Aussi, l’Airport Council International, avec le soutien de l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile, a mis en place depuis peu un « Airport Health Accreditation Programme », délivrant une certification qui consacre les meilleurs élèves en reconnaissant la pertinence et l’efficacité des mesures mises en application. L’aéroport d’Istanbul a été le premier à l’obtenir début août.

Ce type de certification implique cependant des processus et des mesures très lourdes et onéreuses à mettre en place, qui pourraient en plus s’avérer inadaptées pour de nombreux aéroports régionaux. Il sera donc pertinent d’identifier, parmi ces nombreuses mesures, les idées pertinentes selon le contexte spécifique de chaque aéroport, dont la nature et l’importance des flux peuvent être radicalement différents.

Enfin, les tests de passagers s’imposent progressivement comme un standard en complément de ces mesures, notamment avec l’apparition des tests antigéniques qui permettent des résultats plus rapides et qui sont annoncés dans les aéroports français pour la fin du mois d’octobre. Certains aéroports restent cependant à la traîne sur ce point, comme celui de Madrid où il n’était toujours pas possible mi-octobre de tester les passagers entrants.

Vers de nouveaux outils de protection et de dépistage dans les aéroports pour faire face à la COVID-19

Face à la pandémie de COVID-19, malgré la standardisation des mesures sanitaires dans les aéroports, les meilleurs élèves seront probablement les aéroports les plus innovants en termes de désinfection ou de dépistage, avec l’apparition de nouveaux processus plus efficaces : à la fois plus rapides et diminuant le risque de transmission de personne à personne.

Par exemple, les Emirats Arabes Unis ont formé des équipes cynophiles à la détection de passagers contaminés, avec un taux de détection annoncé de 92%. Le processus semble particulièrement intéressant car sans contact direct entre les opérateurs et les passagers. Il pourrait être étendu à d’autres infrastructures du pays comme les centres commerciaux, célèbres pour leur gigantisme.

D’autres pays, comme la Finlande, ont déjà démarré des essais en aéroports. Mais en France, où la méthode a pourtant été expérimentée dès le mois de mai, hors aéroports, avec les projets Nosaïs et Covidog, l’utilisation de chiens renifleurs peine à démarrer malgré une fiabilité affichée entre 94% et 98%.

L’aéroport de Hong-Kong a, quant à lui, joué la carte de la technologie avec une combinaison de dispositifs innovants impressionnants :

  • Des Robots de Stérilisation Intelligents (ISR), développés d’abord en milieu hospitalier, qui désinfectent en toute autonomie des surfaces mais également l’air ambiant grâce à une combinaison d’ultraviolets, de sprays désinfectants orientés à 360° et de filtres.
  • CleanTech, un processus de désinfection des personnels qui prennent en charge les passagers classés « à risque » : après une prise de température automatique, un produit désinfectant est pulvérisé sur l’individu, habillé, pendant 40 secondes, éliminant environ 99% des germes de la tête aux pieds, le tout sous pression négative pour prévenir toute contamination vers l’extérieur.
  • Des revêtements antimicrobiens appliqués sur les surfaces touchées fréquemment par les passagers.

Ces initiatives ne sont pas isolées. Sur l’exemple de Hong-Kong, d’autres aéroports commencent à déployer des solutions similaires afin de permettre à leurs passagers de voyager plus sereinement, notamment en Amérique du Nord :

  • Les aéroports de Pittsburg et San Antonio ont à leur tour déployé des Robots de Stérilisation Intelligents.
  • Les aéroports de Los Angeles, Charlotte, Chicago et San Francisco ont installé des désinfectants à UV ou à ionisation bipolaire dans les systèmes de climatisation.
  • A l’aéroport de Toronto, des lampes UV désinfectent les rampes des escalators et tapis roulants.

Au-delà du « High-Tech », on voit donc se répandre progressivement des solutions plus simples mais cependant efficaces. Si le transport aérien n’avait pu qu’assister, impuissant, à la dissémination dans le monde du virus début 2020, de nouveaux standards et moyens innovants sont aujourd’hui disponibles pour les aéroports. La mise en application de ces mesures devra bien sûr se faire en fonction du contexte commercial de chacun d’eux, en tenant compte de ses flux particuliers de passagers et de son business model. Ce sont donc la recherche de bonnes pratiques et l’adaptation des bonnes idées mises en œuvre ailleurs sur la planète qui permettront de doter nos aéroports d’outils adéquats pour rendre le transport aérien plus sûr d’un point de vue sanitaire pour leurs passagers.

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A propos de l’auteur

Maxence
Consultant Senior dans l’équipe Chimie-Matériaux & Aéronautique d’Alcimed en France

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