Journal de bord

Les living labs en santé et autonomie : comment activer ce nouveau levier d’innovation ouverte au service de la société ?

Les Livings Labs en Santé et Autonomie : comment activer ce nouveau levier d’innovation ouverte au service de la société ?

Alcimed, société de conseil en innovation et développement de nouveaux marchés, fait le point sur ce qu’est un Living Lab en Santé et Autonomie, son intérêt, notamment pour un organisme ou une collectivité et les points clés pour le créer.

Le Living Lab, un outil de développement économique

Le concept de Living Lab est né à la fin des années 1990 au Media Lab du MIT et a ensuite été exporté en 2006 en Europe, où l’organisme ENoLL (European Network of Living Labs) a été créé pour structurer son émergence par l’homologation des projets et la documentation de bonnes pratiques. Aujourd’hui, on répertorie plus de 340 Living Labs, répartis dans une quarantaine de pays sur les cinq continents et présentant une grande diversité d’expériences selon les objectifs à atteindre, les outils utilisés et la structure stratégique et opérationnelle mise en place.

Plus particulièrement, le Living Lab s’inscrit dans un paysage plus large de l’innovation territoriale incluant les Fab Lab [1], les espaces de co-working [2], les incubateurs [3], les accélérateurs [4], etc. Ce nouvel outil permet aux organismes publics ou privés, de favoriser l’innovation et d’accroître le développement économique sur le territoire.

Ce sont des lieux d’innovation d’un nouveau type, au service du développement de solutions mettant les utilisateurs, leurs besoins et leurs usages, au centre de la démarche d’innovation [5]. En effet, le Living Lab permet, par exemple, la réunion d’acteurs publics, privés et citoyens, travaillant en concertation continue, plutôt qu’en vase clos, pour concevoir, améliorer et valider en situation réelle, des produits, des services, des technologies, des outils, etc. Selon les experts du Forum des Living Lab Santé et Autonomie (ci-après « le Forum »), le concept d’innovation ouverte favorise la mise sur le marché de solutions adaptées au besoin des usagers/aidants, professionnels, etc. Ainsi, au sein du Living Lab, l’intégration de l’usager dans la phase de tests de ces solutions, dans des conditions aussi proches que possible de la réalité, permet de modifier et d’améliorer la pertinence de la solution, de manière itérative et plus rapide.

Le Living Lab, un réel défi opérationnel

Comme le souligne Célia Nassif, responsable de missions chez Alcimed « Plusieurs aspects sont clés pour la création d’un Living Lab, notamment : la mobilisation constante des usagers, l’implication au plus tôt d’un leader crédible pour l’ensemble des parties prenantes, le statut juridique, l’engagement de plusieurs partenaires ainsi que le modèle économique, sujets d’autant plus complexes lorsque les partenaires sont à la fois de droit public et privé. »

La mobilisation des usagers sera plus ou moins complexe selon le type de public ciblé par le Living Lab. Dans tous les cas, elle est déterminante pour la pérennisation de la structure sur le long terme. En effet, les usagers sont au cœur du dispositif, sans eux le Living Lab ne peut pas exister. Dans le même esprit, le lieu du Living Lab est également un point crucial.

Le choix d’un responsable ou d’un animateur du Living Lab est un enjeu phare pour garantir le lancement opérationnel du dispositif et en assurer sa pérennité. Les compétences clés attendues pour ce poste sont donc une capacité relationnelle forte (partenariats, animation, etc.), un esprit de synthèse, une capacité à fédérer une équipe, des connaissances ou une maîtrise du design par les usages, une adaptabilité et enfin, une expérience dans le montage, la coordination et la gestion de projets collaboratifs, dans la thématique et avec les publics cibles du Living Lab.

Le statut juridique, notamment lorsqu’il regroupe différents partenaires de droit public et privé, est un choix décisif. Le cadrage précoce de la structure juridique est déterminant pour un déploiement et un fonctionnement optimal du Living Lab (délais de prise de décision, équité des parties prenantes, modalité de gouvernance, etc.). De nombreux statuts sont possibles : l’association, le GIP [6], la fondation, le GIE [7], le consortium et la SCIC [8] sont les structures souvent privilégiées et seront plus ou moins pertinentes selon la configuration du Living Lab : objet, partenaires, temps, délais de constitution, etc.

Par ailleurs, il est indispensable de s’assurer d’un engagement fort des partenaires et de leur complémentarité pour faire rayonner, donner de la visibilité, apporter un soutien financier, humain et technique au projet. Les partenaires sont, souvent, des piliers du Living Lab et sont les garants du respect de l’objectif initial du projet ainsi que de ses retombées économiques et sociales.

Enfin, le modèle économique doit être structuré et basé sur différentes offres et prestations. En effet, selon le Forum, la proposition de valeur du Living Lab s’articule autour de 4 types d’offres :

  • – La recherche, l’étude, le conseil hors propriété intellectuelle
  • – L’accompagnement et l’évaluation de projets : de l’idéation à l’évaluation de la solution
  • – L’évaluation normative: mise en place d’une procédure de validation des produits en vue de leur acquisition ou de leur déploiement
  • – La formation: cursus ou modules universitaires et techniques

Les explorations de Living Lab d’Alcimed

Alcimed a accompagné, ces dernières années, plusieurs projets de structuration et de déploiement d’offres de Living Lab en régions.

A titre d’exemple, Alcimed a ainsi soutenu le Centre Hospitalier Annecy-Genevois dans la création d’un Living Lab en santé et autonomie qui a vu le jour à la rentrée 2019.
Le pôle de compétitivité Biovalley France et les acteurs Strasbourgeois ont également bénéficié d’une AMO [9]  dans le cadre de leur stratégie Prévention Santé Sport.Recherche de partenaires, coordination du projet, statuts juridiques, modèle économique, communication, rédaction de réponses d’appel à projets etc. sont autant de sujets sur lesquels les équipes d’Alcimed ont eu l’opportunité d’apporter leur expertise pour aider au déploiement de ces projets.

 

[1] « Les Fab Labs sont un réseau mondial de laboratoires locaux, qui doppent l’inventivité en donnant accès à des outils de fabrication numérique. » (http://www.labfab.fr/charte-fablab/)
[2] « Un espace de coworking est un espace de travail équipé et partagé par plusieurs utilisateurs issus d’entreprises différentes, dans le but de mutualiser les ressources et les infrastructures (salles de réunion, accueil, etc.) et former une communauté. » (https://blog.hub-grade.com/definition-coworking-offre-enjeux/)
[3] « Un incubateur est une structure accueillant et accompagnant des entreprises en création, jusqu’à leur création et parfois pendant leurs premiers mois d’existence. » (http://www.innoviscop.com/definitions/incubateur)
[4] « Organisations dont l’objectif est d’accélérer la création d’entreprises prospères en fournissant des services spécifiques d’incubation et en se concentrant sur la formation et le mentorat durant un programme intensif et limité dans le temps » (http://www.hinnovic.org/les-incubateurs-et-accelerateurs-dentreprises/)
[5] Forum Living Lab Santé et Autonomie
[6] GIP : Groupement d’intérêt public
[7] GIE : Groupement d’intérêt économique
[8] SCIC : Société coopérative d’intérêt collectif
[9] Assistance à Maitrise d’Ouvrage

 

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