Distribuer ses médicaments vers l’Afrique Australe : 4 éléments clés à considérer

Distribuer ses médicaments vers l’Afrique Australe : 4 éléments clés à considérer dans sa stratégie de market access

Le continent africain représente moins d’1% du marché pharmaceutique mondial en valeur, mais sa croissance figure parmi les plus élevées dans le monde. De plus, le développement de coordinations inter-Etats, telles que la Communauté de Développement d’Afrique Australe (South African Development Community, SADC), pourrait permettre des facilités d’accès au marché pour les laboratoires pharmaceutiques. L’Afrique Australe devrait donc constituer une réelle opportunité pour le secteur de la santé dans les années à venir, mais de nombreux facteurs sont à prendre en compte avant d’envisager la distribution de produits pharmaceutiques dans cette région. Alcimed revient sur 4 éléments clés et caractéristiques de la distribution des médicaments en Afrique Australe pour construire sa stratégie de market access.

SADC : un marché hétérogène, dominé par l’Afrique du Sud

La SADC est une organisation qui vise à promouvoir le développement économique de l’Afrique australe. Elle comprend 16 Etats membres (tels que l’Afrique du Sud, l’Angola ou encore la République démocratique du Congo), et est très fortement dominée par l’Afrique du Sud, qui recense 16% de la population et génère près de 50% de son PIB.

Cette disparité se retrouve au niveau du marché pharmaceutique, pour lequel l’Afrique du Sud représente à elle seule plus de la moitié du marché de la région. De plus, le pays domine la fabrication locale de médicaments dans la région : la production pharmaceutique du pays représente 90% de la production locale de médicaments dans la SADC.

Vers une accélération de l’accès au marché en Afrique Australe pour l’industrie pharma grâce au processus ZAZIBONA

L’enregistrement des produits de santé se fait à l’échelle de chaque pays, mais le processus ZAZIBONA, créé en 2013, facilite l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché pour les laboratoires pharmaceutiques. Ce processus, adopté par 14 pays de la SADC, a pour objectif de réduire les délais d’enregistrement, et permet une évaluation conjointe des produits. L’autorisation de mise sur le marché délivrée est ensuite valable dans tous les pays participants à l’évaluation. Cette initiative pourra permettre de réduire le backlog actuel des autorités de santé locales et ainsi faciliter l’accès au marché des médicaments. En Afrique du Sud, le backlog représente plusieurs milliers de dossiers encore non évalués.

Des incentives financiers pour favoriser la production locale de médicaments

Actuellement, la région importe environ 80% de ses besoins en médicaments, avec de très fortes inégalités : selon les pays, les importations représentent entre 60 et 99% du marché. Au-delà des coûts élevés de transport se répercutant sur le prix final des médicaments, cette situation favorise des délais de livraison parfois très longs, ainsi que le développement de la contrefaçon.

C’est pourquoi les autorités de santé souhaitent favoriser la production pharmaceutique locale, qu’il s’agisse de principes actifs, de forme galénique ou simplement de packaging. Ainsi, dans certains pays, elles ont mis en place diverses motivations financières pour attirer les laboratoires pharmaceutiques : prix préférentiels plus élevés pour les produits achetés par l’état, attribution de plus de points aux fabricants locaux lors des appels d’offre, ou encore réduction de taxes pour les produits fabriqués localement.

Une distribution concentrée autour d’un nombre limité d’acteurs : exemple de l’Afrique du Sud

Dans de nombreux pays de SADC, la distribution des médicaments est concentrée autour d’un nombre limité d’acteurs dominant le marché, et cette tendance pourrait continuer à s’accroître. Un exemple particulièrement flagrant est celui de l’Afrique du Sud :

  • 3 distributeurs, DSV, Imperial et UPD, cumulent à eux seuls plus de 3/4 du marché de la distribution dans le pays
  • Les 3 grossistes principaux (UPD, Dis-Chem et Alpha Pharm) représentent les 2/3 du marché Sud-Africain
  • Pour le retail, dans le secteur privé, 3 chaines de pharmacies privées concentrent les 2/3 du marché, et les 3 chaînes principales d’hôpitaux privés concentrent 80% des lits privés du pays.

L’Afrique Australe, encore peu représentée sur le marché pharmaceutique mondial, est un marché en forte croissance. L’Afrique du Sud, quant à elle, est une réelle porte d’entrée vers le reste de la région, et domine le marché pharmaceutique de la SADC. La région continue de faire face à de nombreux défis, tels que le ratio très élevé d’imports, et l’importante concentration des acteurs le long de la chaine de distribution. Cependant, le développement de coordinations telles que le processus ZAZIBONA pourra faciliter l’accès au marché pour l’industrie pharmaceutique et leurs médicaments en Afrique Australe.  De plus, les incentives mis en place par les autorités locales pourraient à terme favoriser la production locale de produits de santé. Ainsi, l’Afrique Australe constitue une nouvelle géographie intéressante à explorer !


About the author
Fanny, Consultante dans l’équipe Santé d’Alcimed en France

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