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Monkeypox : 3 inconnues qui inquiètent au sujet de cette maladie qui gagne du terrain

Une récente épidémie d’une maladie infectieuse rare a alarmé le monde : la variole du singe, ou Monkeypox. Depuis le début de l’année 2022, plus de 1200 cas ont été confirmés dans des pays où la maladie n’avait jamais été signalée auparavant. Avant l’éruption actuelle, le Monkeypox était une maladie rare, endémique dans quelques pays sub-sahariens dont le Congo, le Cameroun et le Nigeria. De même, très peu de cas sporadiques ont été signalés dans d’autres pays, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni. Bien que le virus ait été découvert au Danemark il y a plus de 60 ans, il est resté à peine connu jusqu’aux récents événements qui ont sensibilisé et éveillé l’intérêt pour le virus et la maladie dans le monde entier. Cependant, les principales inconnues autour des maladies rares émergentes comme la variole du singe sont et restent un défi pour les soins de santé. Découvrez dans cet article trois grandes inconnues autour du Monkeypox qui représentent des défis majeurs pour la santé publique et l’industrie des soins de santé.

Repérer les principales idées fausses sur le Monkeypox

Les origines de la variole du singe

La variole du singe appartient au genre des orthopoxvirus, qui comprend également les virus responsables de la variole et de la variole bovine. La célèbre varicelle ne fait cependant pas partie de cette famille. En effet, non seulement les noms mais aussi les symptômes sont souvent trompeurs.

Le Monkeypox doit son nom aux premiers cas documentés d’épidémies chez des primates non humains dans une animalerie. Cela ne signifie pas pour autant que la maladie trouve son origine et se propage uniquement chez les singes. Les écureuils, les rats ou les souris ont notamment été identifiés comme des hôtes viraux et pourraient donc représenter un réservoir et une source d’infection importants, en plus de la transmission interhumaine. La population vivant beaucoup plus près des rongeurs que les singes dans les zones urbaines ou autres, cet élément d’information manquant peut donc entraîner un risque accru d’infection.


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Les symptômes du Monkeypox

Les symptômes ressemblent à ceux de la célèbre varicelle. Cependant, elle est beaucoup plus dangereuse et peut entraîner jusqu’à 11 % de décès chez les patients infectés.

Outre l’éruption cutanée caractéristique apparaissant sur la plupart des parties du corps, la fièvre, l’enflure des ganglions lymphatiques et les douleurs musculaires sont également des signes du Monkeypox. Les symptômes ressemblent à ceux de la célèbre varicelle. Cependant, elle est beaucoup plus dangereuse et peut entraîner jusqu’à 11 % de décès chez les patients infectés. C’est pourquoi une mauvaise interprétation des symptômes peut constituer un lourd fardeau.

Les croyances erronées sur la maladie constituent en effet une menace sérieuse car elles contribuent à sa propagation. Avec la récente épidémie, la recherche a reçu un nouvel élan pour mieux comprendre le virus et la maladie.

En effet, pour prévenir une épidémie, des efforts sont nécessaires dans trois domaines clés : la virologie, l’épidémiologie et les thérapies.

Le Monkeypox et ses inconnues virologiques

La compréhension de la biologie d’un virus est essentielle pour prévenir les infections et leur propagation. Elle permet notamment de prendre des mesures sanitaires adaptées et est également nécessaire pour développer des médicaments.

Pour le Monkeypox, les réservoirs zoologiques, le type de transmission ou la métagénomique sont trois questions de recherche qui sont restées longtemps peu explorées et qui nécessitent encore aujourd’hui d’être mieux comprises.

Dans les pays endémiques, le besoin d’en savoir plus sur ces sujets était clair. Des experts en la matière travaillaient sur le sujet, mais ils se heurtaient à des obstacles financiers et technologiques, les ressources n’étant pas disponibles localement.

Comme le virus s’est étendu à de nouveaux pays, la recherche a été activée dans plusieurs institutions.

Le Monkeypox et ses inconnues épidémiologiques

Après les épidémies nationales des années passées, le Congo, le Nigeria et d’autres pays subsahariens ont mis au point des systèmes de déclaration spécifiquement conçus pour le Monkeypox. Cependant, la maladie était globalement méconnue de la population, ce qui constituait un obstacle à la déclaration des cas d’infection.

Par exemple, le manque de formation du personnel médical contribue aux cas manqués, car les cas ne sont pas diagnostiqués. De même, les personnes qui restent à la maison pour éviter l’hospitalisation et les coûts de traitement ne sont pas prises en compte par ces systèmes de déclaration.

En effet, il est probable que des cas ne soient pas déclarés pour toutes les maladies infectieuses, y compris le VIH, le paludisme ou le Covid-19. Mais cela est encore plus problématique pour une maladie rare, car le virus peut sembler totalement absent.

Inadéquations thérapeutiques

Les cas étant très peu nombreux, très peu de ressources étaient auparavant allouées au développement de thérapies spécifiques à la variole du singe. Heureusement, étant donné sa ressemblance avec le virus de la variole, les vaccins précédemment disponibles sont également efficaces contre la variole du singe.

Par rapport à d’autres pandémies comme le Covid-19, le système de santé est mieux préparé au Monkeypox. Bien qu’il existe encore des besoins médicaux non satisfaits, l’apparition d’autres maladies rares pourrait être beaucoup plus menaçante.

Les maladies infectieuses rares ou émergentes représentent une menace sérieuse étant donné qu’elles sont inconnues sous divers aspects. La principale différence entre le Monkeypox et le Covid-19 tient à l’histoire et l’existence antérieure d’une solution pour le virus de la variole. L’un des principaux enseignements est donc que les maladies rares méritent une attention particulière non seulement de la part de la santé publique, mais aussi de l’industrie des soins de santé. S’il est difficile d’anticiper l’émergence d’une nouvelle maladie, Monkeypox a montré que les maladies infectieuses rares peuvent l’être.


A propos des auteurs, 

Marie, Consultante et Quentin, Responsable de Mission au sein de l’équipe Sciences de la Vie d’Alcimed en Suisse

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