Prise en charge du cancer : comment la nutrition peut-elle avoir un impact positif sur la qualité de vie des patients ?

Il est désormais prouvé que l’alimentation a un impact sur l’apparition de certains cancers. Certains types d’aliments sont très probablement des facteurs pouvant causer le développement du cancer, alors qu’au contraire d’autres aliments pourraient le prévenir. La prévention n’est pas le seul domaine dans lequel la nutrition peut jouer un rôle significatif dans l’amélioration de la qualité de vie des patients après un diagnostic de cancer. Il a en effet été démontré qu’une alimentation adéquate pendant la durée d’un traitement contre le cancer contribue à de meilleurs résultats liés au traitement et à une meilleure qualité de vie. Cependant, il existe dans toute l’Europe un manque d’accès aux soins nutritionnels spécialisés et adaptés pour les patients atteints de cancer. Chez Alcimed, nous souhaitons sensibiliser à ce sujet et vous partageons les principales raisons pour lesquelles la nutrition peut avoir un impact positif sur la qualité de vie des patients dans le cadre du traitement contre le cancer.

Un lien fort entre cancer et malnutrition

Des symptômes tels que la nausée, les vomissements et la perte générale d’appétit sont des effets secondaires fréquents chez les patients atteints de cancer, pendant et après le traitement. Ces symptômes sont liés à un état nutritionnel altéré, tel que l’anorexie et la perte de poids, et les patients courent un risque élevé d’entrer dans un état de malnutrition. Un état nutritionnel détérioré est souvent lié à une réponse ou à une tolérance réduite au traitement, et la malnutrition est également associée de manière significative à une diminution de la qualité de vie.

De plus, cela renvoie à d’autres problèmes comme la dépression ou la réduction des interactions sociales. La perte de poids importante qui est à l’œuvre rappelle constamment au patient sa maladie et lui impose une charge émotionnelle supplémentaire.

Néanmoins, la perte de poids au cours d’un traitement anticancéreux peut ne pas être uniquement causée par le traitement lui-même. Elle peut également être attribuée aux anomalies physiologiques de la tumeur ou à la réponse de l’hôte contre la tumeur.

Une alimentation adaptée permet d’atténuer les effets secondaires des traitements anticancéreux

Pour prévenir la malnutrition, des habitudes alimentaires sont recommandées pendant et après le traitement anticancéreux. De nombreuses études ont en effet montré les effets positifs d’une bonne alimentation des patients sur les taux d’infection, la mortalité et la toxicité. En suivant les conseils d’un médecin traitant ou d’un nutritionniste spécialisé, il peut être bénéfique pour certains patients de compléter leur alimentation par certains produits hypercaloriques ou hyper protéinés afin d’assurer un apport suffisant en micro et macronutriments. La branche Medical Nutrition de Danone et Fresenius Kabi développent de tels produits à haute teneur calorique pour la supplémentation nutritionnelle.


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Au-delà de ces produits industriels, il existe une pléthore de conseils et d’astuces utiles sur la façon dont la nutrition et le comportement alimentaire peuvent atténuer le cancer et ses effets secondaires. De nombreuses améliorations peuvent être obtenues en modifiant le comportement alimentaire, par exemple en mangeant des repas moins copieux et en privilégiant des aliments froids et ayant peu de goût. La forme de certains aliments peut également être un facteur important (par exemple des aliments sous forme liquide ou solide).

En outre, des aliments spécifiques peuvent être consommés pour améliorer les symptômes, comme le gingembre connu pour son effet antiémétique, les flocons d’avoine recommandés par les médecins pour leur saveur neutre et leur texture crémeuse qui sont avantageuses pour les patients présentant des symptômes tels que les aphtes ou la sécheresse buccale, et le curcuma dont beaucoup font l’éloge dans le cadre du traitement contre le cancer.

Des soins de soutien nutritionnels personnalisés contribuent à améliorer la qualité de vie

Cependant, chaque patient ayant des besoins différents et réagissant différemment aux traitements, un soutien nutritionnel est fortement recommandé. Il doit s’agir d’une intervention spécialisée, adaptée aux conditions nutritionnelles, à l’état clinique, au plan de traitement et aux résultats attendus. Il n’existe donc très certainement pas de solution unique.

De manière générale, l’intervention nutritionnelle idéale débute par une évaluation complète du patient afin de déterminer ses besoins nutritionnels, vient ensuite un conseil nutritionnel et une supplémentation ou une nutrition (par)entérale en fonction des besoins de l’individu. Divers outils peuvent être utilisés pour dépister l’état nutritionnel et évaluer le risque de malnutrition chez les patients atteints de cancer. L’institut national du cancer des Etats-Unis (NCI) reconnait qu’un diététicien agréé est un élément important de l’équipe de soins en cancérologie, et qui peut avoir une influence sur la qualité de vie.

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De nouvelles approches nutritionnelles prometteuses, mais qui sont encore hypothétiques et doivent être confirmées

Plusieurs approches nutritionnelles suscitent un intérêt croissant pour lutter contre les effets secondaires du cancer mais elles nécessitent encore une validation scientifique plus poussée. C’est par exemple le cas du régime cétogène qui est un régime pauvre en glucides et riche en graisses : les niveaux de glucose circulant dans l’organisme sont réduits et les cellules cancéreuses sont privées d’énergie tandis que les cellules non-cancéreuses adoptent le nouvel état de cétose de l’organisme.

Une autre approche est le jeûne de courte durée qui accroitrait la vulnérabilité des cellules cancéreuses aux attaques des cellules immunitaires. L’hypothèse est qu’en affamant les cellules cancéreuses par un régime imitant le jeûne, elles deviennent plus sensibles à la chimiothérapie.

Enfin, le microbiome intestinal a été reconnu comme un facteur clé dans la progression du cancer, la réponse aux traitements et la lutte contre les effets secondaires. Si les progrès actuels visant à moduler le microbiome de manière personnalisée s’avèrent efficaces et réalisables, ils pourraient ouvrir la voie à une approche entièrement nouvelle du traitement du cancer et améliorer significativement la qualité de vie du patient.

Ces nouvelles approches nutritionnelles sont prometteuses, mais des preuves supplémentaires sont nécessaires pour évaluer leur application, leur efficacité et leur sécurité en pratique clinique.

Bien vivre pendant un traitement contre le cancer nécessite d’adopter une approche dédiée à la nutrition, adaptée aux caractéristiques de chaque patient. Comme nous l’avons vu, la nutrition peut jouer un rôle clé dans la prévention et l’atténuation des effets secondaires du traitement du cancer, et devenir ainsi un pilier majeur de la qualité de vie des patients atteints de cancer. Chez Alcimed, nous soutenons qu’un programme de soins de soutien nutritionnel devrait être lancé dès le diagnostic du cancer, quel que soit le stade de la maladie, et pour tous les patients. Nous vous tiendrons informés des derniers développements dans ce domaine. Pour une analyse plus large de la qualité de vie des patients atteints de cancer, au-delà de la nutrition, téléchargez notre livre blanc “Quality of life in cancer care – Do we care enough”.


A propos de l’auteur,

Volker, Grand Explorateur Oncologie, et Diane, Consultante Senior dans l’équipe Santé d’Alcimed en Allemagne

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