Santé

3 étapes pour faciliter l’intégration locale des recommandations de bonnes pratiques et améliorer la prise en charge des patients

Publié le 11 avril 2023 Lecture 25 min

Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) permettent d’harmoniser les pratiques de prise en charge des patients et d’optimiser les parcours de soins à l’échelle locale. Ces dernières sont définies par la HAS comme « des propositions développées méthodiquement pour aider le praticien et le patient à rechercher les soins les plus appropriés dans des circonstances cliniques données » . Certains acteurs de la santé s’impliquent de plus en plus dans l’intégration de ces recommandations dans les pratiques professionnelles pour améliorer la prise en charge des patients de leur territoire. Un tel processus de travail peut être réalisé au bénéfice des patients, des professionnels de santé et de la qualité des soins. Dans cet article, Alcimed énumère les étapes nécessaires à l’élaboration et à l’intégration, à l’échelle locale, des recommandations de bonnes pratiques.

Les prérequis à l’intégration locale des recommandations de bonnes pratiques

Avant de se lancer dans la dissémination et l’implémentation locale de ces recommandations, nous identifions 3 prérequis :

  • L’existence d’une référence constituée d’un bagage de bonnes pratiques cliniquement éprouvées et approuvées par des leaders d’opinion et / ou par un panel d’experts. Cette référence doit être issue d’un travail pluridisciplinaire, transparent et indépendant.
  • L’établissement d’un consensus général de besoins. Ces besoins peuvent être issus des écarts entre les recommandations de bonnes pratiques professionnelles et la réalité des pratiques en résonance avec les enjeux des professionnels de santé de leur territoire (manque de temps, pertes d’information, absence d’équipements, etc.).
  • La définition d’archétypes de parcours de soin. Ils sont généralement caractérisés par différents niveaux de ressources et de modalités organisationnelles. Ils permettront ainsi de décliner les recommandations à différentes situations locales de façon adaptée et pragmatique.

Première étape : réaliser un diagnostic des pratiques professionnelles locales

L’implémentation de recommandations nécessite une 1ère phase de diagnostic de la situation locale, que ce soit une filière nationale de soin, une région ou un établissement de santé. Il s’agit d’abord de comprendre le protocole local de prise en charge suivi (pas nécessairement identique aux recommandations) qui peut conditionner les pratiques actuelles et d’identifier les instances émettrices de ce protocole (FDA , EMA , HAS, INCA , ARS , CPTS , établissement local). Ensuite, il s’agit d’évaluer l’écart entre la référence et les pratiques localement mises en place à date. Cela passe par l’identification des pratiques réelles, des raisons associées à l’écart entre les recommandations et ces pratiques locales (ex : manque d’information, manque de ressources) et des points de blocage.

Seconde étape : identifier les leviers d’actions pour l’intégration locale des recommandations de bonnes pratiques

La 2ème phase consiste à définir les actions à mettre en place pour implémenter localement les recommandations de bonnes pratiques. Pour cela, l’approche doit se décliner à 2 niveaux :

  • Identifier les principales entités et étapes clés du parcours de soin qui vont bénéficier de ce travail d’optimisation via l’implémentation des recommandations (service hospitalier spécifique, prestataire de soins à domicile, officine, etc.).
  • Cartographier et engager les acteurs au cœur de la gestion du parcours de soin et qui ont un pouvoir d’influence pour mener à bien la conduite du changement de parcours (chef de service, infirmière libérale à domicile, pharmacien, etc.).

Lire aussi : Comment optimiser une filière de soin ? Etapes incontournables et facteurs clé de succès pour la conduite du changement

Troisième étape : établir une feuille de route du projet d’optimisation du parcours de soins

La dernière phase est la mise en œuvre d’une feuille de route avec :

  • Des objectifs à court et long terme (solution à apporter à un point de blocage, mise en place d’une bonne pratique spécifique).
  • Des ressources définies (budget, moyens humains).
  • Une gouvernance claire et durable impliquant des instances et parties prenantes pertinentes (responsables de projets, groupes de travail).
  • Des modalités de travail (fréquence d’interactions des différentes instances, étapes clés, livrables). Ces modalités sont différentes selon l’ambition et les objectifs des projets par exemple : un panel régional ou national d’experts, une communauté de pratiques entre pairs, un programme d’ambassadeurs, etc.
  • Un plan de valorisation du projet d’optimisation du parcours de soins pour communiquer autour de la démarche et exploiter les résultats intermédiaires et finaux.
    • Au-delà de faire vivre le projet et de s’assurer que les changements apportent les résultats attendus, il est indispensable de définir et de suivre des indicateurs de performance qualitatifs ou indicateurs d’impact (satisfaction des patients, qualité de vie des patients, niveau de connaissances des professionnels de santé, etc.) ET quantitatifs (nombre de patients dépistés / diagnostiqués / pris en charge, coût de la prise en charge pour l’établissement / la région / le système de santé, etc.).
    • La valeur perçue du projet sera d’autant plus importante si le choix des canaux (congrès, publication, communiqué de presse, etc.) est adapté à chaque population cible (sociétés savantes, instituts de recherche, associations de patients, autorités de santé, population générale, etc.).
    • Ce plan permettra ainsi de motiver les équipes, de promouvoir l’approche, de la diffuser plus largement et d’en renforcer la légitimité.

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L’élaboration de recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) n’est pas une fin en soi et s’inscrit dans une logique d’amélioration continue des pratiques professionnelles. A travers une démarche partenariale, les acteurs institutionnels (ex : ARS, INCA) et les laboratoires pharmaceutiques proposent et poussent des modalités de collaboration innovantes et à fort impact afin de disséminer des bonnes pratiques de prise en charge des patients auprès des professionnels de santé. Une implémentation efficiente de bonnes pratiques passe ainsi par une stratégie d’activation sur-mesure et durable au service des patients. Alcimed peut vous accompagner dans vos projets liés à l’optimisation des parcours de soins. N’hésitez pas à contacter notre équipe !


A propos de l’auteur, 

Tak-Wai, Consultant Senior au sein de l’équipe Santé d’Alcimed en France

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