Regroupement de la recherche en oncologie : 3 leviers pour en faire un vecteur d’attractivité auprès des industriels en France

Comment faire du regroupement de la recherche en oncologie en France un vecteur d’attractivité auprès des industriels ? Alcimed identifie dans cet article et dans une série de vidéos explicatives 3 leviers à destination des centres académiques et des structures d’accompagnement associées pour améliorer l’offre académique française en oncologie auprès des industriels et ainsi maximiser l’attractivité du territoire.

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La recherche française en oncologie est aujourd’hui reconnue à l’échelle mondiale en matière de qualité des productions scientifiques. Les différentes politiques menées permettent aujourd’hui de bénéficier de centres d’excellence mondialement connus en cancérologie (Institut Curie, AP-HP Institut Gustave Roussy, IUCT, Centre Baclesse, etc.). Les chercheurs français contribuent à hauteur de 11% à la publication mondiale en oncologie ; 45% des essais industriels réalisés sur le territoire concernent l’oncologie et le pays est classé au 4ème rang européen des essais cliniques. Cependant, la concurrence exacerbée entre les centres d’excellence, la diversité des tutelles des équipes de recherche, ou encore le besoin de nouveaux financements, freinent la transformation clinique des travaux engagés.

Favoriser le fonctionnement en réseau avec l’industrie pour la recherche en oncologie en France

L’expression « seul on va plus vite, ensemble on va plus loin », prend tout son sens dans la poursuite des efforts des structures de recherche. En effet, la France dispose aujourd’hui d’infrastructures hospitalières et publiques de recherche en cancérologie reconnues individuellement sur la scène mondiale. Les places fortes mondiales de l’oncologie telles que Boston montrent que les compétences seules ne suffisent pas à attirer les industriels sur le territoire. La mise en réseau avec l’industrie des compétences et des technologies sur toute la chaîne de valeur de la recherche et du développement en oncologie en France semble être l’une des solutions pour y parvenir.

Ce travail a d’ores et déjà été amorcé comme le montre la multiplication des appels à projets européens, nationaux et régionaux qui encouragent les chercheurs, les cliniciens et les industriels à travailler en réseau sur des sujets d’intérêt et à fort potentiel de marché.

Pour favoriser et pérenniser la recherche partenariale publique-privée en cancérologie en France, plusieurs axes de travail sont également à poursuivre :

  • La promotion de la culture entrepreneuriale
  • La poursuite des efforts dans la recherche translationnelle
  • L’industrialisation de l’activité des plateformes publiques scientifiques et technologiques de pointe (microfluidique, développement d’anticorps, séquençage haut débit et criblage single cell, etc.)

Cette recherche partenariale publique-privée en oncologie en France sous-entend de repenser et d’adapter les modes de fonctionnement, leur structuration voire leur gouvernance. La question reste ouverte.

Jouer ses atouts dans un environnement de plus en plus compétitif

Le plan cancer 2014-2019 encourageait déjà les laboratoires à jouer leurs atouts dans la course au diagnostic, au traitement et à la prise en charge des patients afin de se démarquer à l’échelle internationale et de maintenir leur avance en cancérologie vis-à-vis des laboratoires concurrents.

Choix de domaines thérapeutiques d’intérêt en oncologie en France

Les laboratoires et centres hospitaliers français ont développé une réelle expertise dans différents domaines thérapeutiques tels que l’immuno-oncologie. Etant un domaine thérapeutique très compétitif à l’échelle mondiale mais aussi à l’échelle nationale, les laboratoires publics et privés ont l’enjeu de se différencier de deux façons :

  • Par leur approche thérapeutique : nouveaux formats d’anticorps tels que les VHH et V-NAR, virus oncolytique, microbiote, radiothérapie, etc.
  • Par le développement de nouveaux outils de diagnostic tels que le test ISET® développé par la chercheuse Inserm Patrizia Paterlini Brécho, PhD ou l’Immunoscore® par le chercheur Jérôme Galon.

La data, fleuron français à promouvoir dans la recherche en cancérologie

Des décennies de médecine de plus en plus personnalisée et de recherche en oncologie ont permis de générer en France un volume de données (matériel génétique, tissulaire et cellulaire) très important, de très bonne qualité et valorisable. En regroupant ces données et en les croisant, les laboratoires publics français bénéficieraient d’une véritable mine d’or permettant de tirer de la valeur de la data dans la recherche en oncologie. Il reste à poursuivre les efforts dans la promotion de la standardisation de ces données, à travailler sur leur interopérabilité, à fixer leurs modalités et conditions d’accès par les industriels. Le plan France Génomique 2025 et le déploiement du Health Data Hub pourrait accélérer cette dynamique et ainsi permettre une meilleure valorisation.

Simplifier le paysage français des structures d’accompagnement dans la recherche en oncologie

A tort ou à raison, la France dispose d’une grande diversité de structures d’accompagnement en cancérologie (cancéropôles, SATT et cellules de valorisation universitaires, SIRIC, IHU, FHU, Carnot, plateformes de services, démonstrateurs, etc.) au service de la valorisation de la recherche fondamentale, translationnelle et clinique auprès des industriels. Si les industriels bien ancrés sur le territoire ont une bonne vision du tissu académique et des offres proposées, il n’en est pas de même pour les établissements étrangers et pour les PME/TPE.

Pour aller vers davantage de simplification, 3 actions semblent primordiales :

  • Définir finement le périmètre d’action de chaque structure d’accompagnement afin de garantir aux industriels (laboratoires pharmaceutiques, PME/TPE) une visibilité optimale des compétences et technologies disponibles en oncologie sur le territoire.
  • Optimiser l’articulation entre les structures de valorisation existantes.
  • Favoriser les collaborations inter et intrarégionales entre les structures de valorisation.

Des initiatives telles que la plateforme Matwin œuvrent déjà à centraliser les projets innovants et les valoriser.

La recherche française en oncologie poursuit ses avancées scientifiques et technologiques. Elle participe à alimenter la compréhension des mécanismes d’apparition des tumeurs (identification de biomarqueurs, évolution clonale), à développer de nouveaux leads pharmaceutiques et outils de diagnostic et à améliorer la prise en charge des patients. Face à l’émergence de nouvelles offres de recherche étrangères, il existe un vrai enjeu de se regrouper pour maintenir l’excellence française sur la scène mondiale. Les prochaines années seront déterminantes dans la structuration d’un écosystème public-privé équilibré et pérenne afin de positionner la France au premier plan de la recherche en oncologie et attirer les investissements des industriels.

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A propos de l’auteur

Carèle, Consultante Senior dans l’équipe Innovation & Politiques Publiques d’Alcimed en France

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