Aéroports face au COVID-19 : de nouveaux business models et opportunités de revenus.

Aéroports, COVID-19 et nouveaux business models : entre transformation accélérée et nouvelles opportunités

Le choc des mesures de confinement, et la lente reprise, qui ne devrait pas mener à un retour d’activité au niveau de 2019 avant plusieurs années, ont durement touché les aéroports. Les compagnies low-cost ont récemment compliqué les choses en réclamant des baisses, sinon des annulations, des redevances aéronautiques. Mais entre solutions d’urgence pour contrer la crise du COVID-19 et nouvelles opportunités, certains aéroports commencent à relever la tête en misant sur l’innovation dans leurs business models. Si cette innovation suit d’abord la logique d’une transformation entamée depuis plus d’une dizaine d’années, elle devrait trouver un nouveau souffle dans les changements imposés par cette crise.

Aéroports & COVID-19 : réagir en accélérant l’ouverture vers de nouveaux business models et de nouvelles sources de revenus

Dans cette situation alarmante, certains aéroports ont montré qu’on pouvait innover et faire évoluer son business model au prix de quelques ajustements. Pour en citer quelques-uns :

  • L’aéroport d’Ontario en Californie a converti quelques-uns de ses parkings en cinéma de plein air pour 4 soirées lors desquelles les habitants des alentours pouvaient apprécier un film en toute sécurité, le son étant diffusé à travers leurs autoradios.
  • L’aéroport d’Alberta a choisi de convertir une partie de son sol en ferme solaire en collaboration avec Alpin Sun, une jeune société allemande spécialisée dans les énergies renouvelables : 254 hectares de panneaux solaires, soit plus de 360 terrains de football, fourniront 120 mégawatts à plusieurs milliers de foyers ainsi qu’aux industries environnantes à partir de 2022.
  • L’aéroport de Munich, va quant à lui convertir un de ses parkings pour voitures en hangar pour le trafic cargo en partenariat avec DHL.

Si ces quelques initiatives n’ont pas permis de compenser la perte d’activité subie, elles ont eu pour mérite de montrer aux clients qu’ils existaient toujours malgré la crise, et qu’ils continueraient à faire partie de leur vie d’une manière ou d’une autre. Mais plus encore, ce qui peut être pris pour des mesures d’urgence préfigure en réalité l’accélération d’une tendance de fond : avec la baisse des revenus aéronautiques, les aéroports se concentreront d’autant plus sur les revenus non-aéronautiques et, en particulier, sur leurs deux piliers : le retail et l’optimisation du foncier.

Booster le retail sans passagers peut sembler être une équation insoluble ; il n’en est rien. La solution est d’étendre la base de ses clients aux non-passagers, comme l’a montré l’aéroport Singapour-Changi avec son centre commercial géant ouvert au public, mais aussi d’autres aéroports comme celui d’Amsterdam. Les voyageurs ne sont plus les seuls clients des aéroports : c’est un village aéronautique qui se crée à proximité, formé des industries implantées sur l’aéroport et dans son voisinage ainsi que des agglomérations aux alentours. Le phénomène, facilité par les interconnexions entre avion, rail et route, permet de valoriser le foncier mais aussi de renforcer l’attractivité du site dans un cercle vertueux, favorisant l’implantation d’entreprises et la fréquentation de clients non-passagers.

Aéroports & COVID-19 : de nouveaux marchés liés au parcours passager émergeront des mesures sanitaires

De la même manière que le 11 septembre a changé notre manière de voyager, notre expérience passager ne sera plus la même après la pandémie. De même que les portiques de sécurité et les scanners ont fleuri dans les aéroports, les nouvelles procédures de désinfection, de recherche de symptômes voire de dépistage ne disparaîtront probablement pas avant de nombreuses années, si elles disparaissent un jour, et reviendront en force dès qu’une nouvelle maladie se déclarera sur la planète. Mais cela ne signifie pas nécessairement un parcours passager plus pénible !

Ces nouvelles mesures appelleront de nouveaux services, et chaque étape de ce nouveau parcours passager devra être pensée pour l’usager. Si ces services concernent pour l’instant essentiellement les tests PCR, ils devraient se diversifier et se développer, par exemple avec des offres de parcours plus digitalisés, isolés des autres voyageurs à l’aide de dispositifs innovants, ou tout simplement de nouvelles techniques de désinfection.

Des acteurs s’activent déjà à proposer de nouvelles solutions :

  • Pour les tests PCR en aéroport, des spécialistes de la logistique comme Ecolog (Bruxelles, Eindhoven, Munich, …) ou Swissport (Heathrow)
  • Pour la désinfection des tapis à bagages, des lampes UV à monter en kit sur les scanners de bagages en soute de Smith Detection
  • Ou encore des robots désinfectants, comme celui de Omron, fournisseur de solutions d’automatisation industrielle, qui élimine 99,9% des bactéries et virus par UV et qui s’adapte à l’agencement de son environnement.

Ce nouveau marché profitera donc à la fois aux fournisseurs de ces nouvelles solutions innovantes, mais aussi aux aéroports qui y gagneront la confiance de leurs passagers ainsi que la possibilité de valoriser des parcours passagers ‘premium’.

De plus, le besoin croissant de distanciation dans les interactions accélèrera la digitalisation du parcours passager. L’interaction avec le passager se fera de moins en moins sur les terminaux digitaux de l’aéroport, comme les bornes libre-service, mais sur les terminaux des passagers : smartphones bien sûr, mais aussi montres connectées, par exemple, augmentant la quantité de données disponibles. La question sera alors de savoir qui pourra profiter de cette manne de données pour améliorer le parcours passager et augmenter ses revenus, aéronautiques ou non.

C’est donc à la fois dans la continuité de leur ouverture vers les revenus extra-aéronautiques et de nouveaux business models, liés notamment à l’activité des communautés environnantes, ainsi que dans l’apparition d’une nouvelle économie focalisée sur la sécurité sanitaire des passagers que les aéroports pourront trouver des opportunités intéressantes en ces temps de crise liée à la COVID-19. Alcimed explore depuis plus de 25 ans les opportunités qui se présentent à ses clients à l’interface de différents secteurs. Forts de notre expérience dans la santé, en particulier dans les parcours patients, ainsi que dans l’aéronautique et les technologies innovantes en général, nous sommes prêts à explorer le futur des aéroports avec vous ! Découvrez nos réalisations de conseil en business models.


A propos de l’auteur

Maxence
Consultant Senior dans l’équipe Chimie-Matériaux & Aéronautique d’Alcimed en France

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