Journal de bord

Aquaculture 4.0 how to increase the adoption of new technologies in Pacific Asia

Comment accroître l’adoption des nouvelles technologies dans l’aquaculture 4.0 ?

De nombreuses innovations technologiques en aquaculture sont maintenant disponibles sur le marché. On peut citer par exemple les distributeurs automatiques de nourriture, qui ajustent intelligemment la fréquence et la quantité d’aliments en fonction de l’appétit des poissons pour réduire le gaspillage de nourriture. On retrouve aussi les aérateurs qui ne se mettent en marche que lorsque le niveau d’oxygène descend en dessous du seuil, réduisant ainsi les factures d’électricité. Ou encore, on peut voir des capteurs intelligents connectés qui surveillent en permanence les conditions de l’eau et les événements météorologiques, avertissant les éleveurs d’intervenir si nécessaire. Le challenge est aujourd’hui d’augmenter l’adoption de ces innovations technologiques qui se développent. Chez Alcimed, nous présentons ici certains exemples et stratégies visant à accroître cette adoption dans la région Asie-Pacifique, qui produit 86 % [1] de la production aquacole mondiale en valeur.

Proposer un business model de ‘leasing’ pour les exploitations aquacoles

Aucune nouvelle technologie dans le domaine de l’agroalimentaire, aussi efficace soit-elle, ne serait largement adoptée si les questions d’accessibilité financière n’étaient abordées. En effet, la plupart des exploitations aquacoles en Asie sont de petites exploitations familiales qui peuvent avoir des ressources financières limitées. Pour relever ce défi, eFishery, une start-up basée en Indonésie, offre aux éleveurs la possibilité d’acheter ou de louer les dispositifs intelligents d’alimentation pour un montant mensuel. Au-delà de cette mensualisation, ces fermes intelligentes connectées auraient alors un niveau sans précédent en termes de transparence et de traçabilité. Ces données pourraient apaiser les craintes de solvabilité des fermes, ouvrant ainsi de nouvelles possibilités de financement de la part d’investisseurs plus réticents à prendre des risques.

Au-delà de l’accessibilité financière, un modèle de location réduit également le risque d’obsolescence pour les éleveurs, car le secteur de l’aquaculture 4.0 continue d’évoluer rapidement. Du côté des fournisseurs de technologies, le modèle de leasing leur donnerait également accès aux données des éleveurs en temps réel pour accroître les performances de leurs systèmes. Ces données en temps réel sont en effet cruciales pour le machine learning et l’amélioration itérative de leurs systèmes, ce qui donne une valeur au modèle de leasing aussi importante pour les éleveurs que pour les fournisseurs de technologies.

Exploiter les réseaux existants avec des partenariats stratégiques autour de l’aquaculture

La plupart des fournisseurs de technologies dans l’aquaculture 4.0 sont aujourd’hui soit des start-up, soit des fournisseurs de solutions digitales. Dans un premier temps, il peut être difficile pour ces acteurs d’établir une relation solide avec les éleveurs sur le terrain. Des partenariats stratégiques seraient donc essentiels pour établir rapidement la confiance et constituer un nouveau portfolio de clients viable. Un groupe de partenaires pertinent serait les fabricants d’aliments aquacoles. Par exemple, Nutreco, un fabricant d’aliments pour animaux basé aux Pays-Bas, a investi dans Eruvaka, un fournisseur de solutions IoT pour l’aquaculture basé en Inde. De meilleurs candidats encore pourraient être les producteurs d’aliments intégrés verticalement qui ont leurs propres exploitations aquacoles, tels que CP Group basé en Thaïlande. CP Group a annoncé un partenariat avec la start-up japonaise Umitron, pour améliorer la crevetticulture. En plus de bénéficier à leurs propres opérations internes d’élevage de crevettes, cela pourrait être une opportunité commerciale pour CP Group de concéder éventuellement une licence de cette technologie à leurs clients du secteur de l’alimentation animale.

Un deuxième groupe de partenariats importants serait celui des fournisseurs de connectivité. Afin de réduire encore les coûts d’exploitation pour leurs clients, eFishery s’est associé avec le principal opérateur indonésien de téléphonie mobile, Telkomsel, pour développer un protocole IoT à bande étroite. Ce partenariat a permis aux systèmes eFishery de se connecter sur un réseau de données mobiles de manière rentable. Cependant, pour les exploitations aquacoles très éloignées ou en mer, les données mobiles sont difficiles d’accès. Les fournisseurs de communication par satellite tels qu’Iridium ou la prochaine constellation SpaceX Starlink pourraient être des partenaires stratégiques. Le coût de lancement des satellites diminuant rapidement, la connectivité par satellite devrait bientôt devenir abordable.

Ajouter de la valeur avec des systèmes intégrés à l’aquaculture

En Asie, certaines exploitations de riz ont adopté des systèmes intégrés avec l’aquaculture, où les poissons d’eau douce sont alors élevés dans les rizières. La technologie moderne peut ouvrir des possibilités de systèmes encore plus intégrés, en maximisant les revenus des agriculteurs sur leurs terres. Le groupe Tongwei, basé en Chine, démontre la faisabilité de l’intégration de l’aquaculture et de la production d’énergies renouvelables en installant des panneaux solaires et des éoliennes au-dessus des fermes. En connectant les fermes au réseau électrique, les agriculteurs peuvent ainsi vendre leur surplus d’énergie pour obtenir des revenus supplémentaires et contribuer à la mise en place d’un réseau électrique plus durable, plus résistant et plus décentralisé. Ces systèmes intégrés pourraient faire partie de l’avenir de Asie, où le boom démographique et l’augmentation du niveau de vie mettent à rude épreuve l’approvisionnement en nourriture et en énergies.

Il existe des opportunités clés pour les acteurs de solutions technologiques qui veulent adresser le marché de l’aquaculture en Asie-Pacifique. Plusieurs options stratégiques peuvent leur permettre de rentrer sur le marché plus rapidement, notamment en proposant une option de leasing tout en collectant en temps réel les données, en s’associant à des acteurs clés aux interfaces ou en augmentant leur proposition de valeur en s’intégrant à des systèmes d’énergies renouvelables.

 

A propos de l’auteur

Warren, Consultant dans l’équipe Alcimed Asie-Pacifique

[1] Global Aquaculture, MarketLine Industry Profile (July 2018)

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