Journal de bord

Microbiote cutané et innovation dans l'industrie cosmétique. Skin microbiota and cosmetics industry innovation

Microbiote cutané et industrie cosmétique : quelle réalité en 2020 ?

Depuis les années 2000, l’intérêt scientifique pour le microbiote ne cesse de croître, notamment aux Etats-Unis et en Europe. Après le succès du microbiote intestinal, les bactéries et autres microorganismes connaissent aujourd’hui leur moment de gloire dans le monde des cosmétiques. Plus spécifiquement, c’est le microbiote cutané qui connaît un succès particulier, comme le montre le nombre de publications scientifiques, qui a doublé entre 2016 et 2019 [1]. De nombreux acteurs de l’industrie cosmétique se positionnent sur le sujet, aussi bien des start-ups que des grands groupes, de Galinée à L’Oréal en passant par Givaudan. Alcimed met en lumière sur ces petites bactéries aux grands atouts pour l’industrie cosmétique.

L’impact du microbiote cutané sur la santé de la peau, démontré mais encore mal compris

Les avancées technologiques et scientifiques comme le séquençage d’ADN ont rendu possible la découverte de nombreuses souches bactériennes présentes sur la peau. Les études des interactions entre le microbiote et la peau (leur hôte) ont permis de démontrer qu’ils vivent en symbiose : alors que les microorganismes exploitent leur hôte humain pour les nutriments, ils sont également bénéfiques pour la peau en contribuant au maintien du système immunitaire et en limitant le développement de microorganismes pathogènes.

Cependant, la majorité des mécanismes d’action restent encore incompris. La multitude de microorganismes et d’interactions entre eux rend leur étude très complexe. De plus, il n’existe pas un modèle unique, mais une infinité de microbiotes cutanés. L’écosystème microbien varie selon les individus, le mode de vie, l’âge, les conditions environnementales, et même la zone de la peau, rendant ainsi la standardisation du microbiote en un modèle unique quasi impossible.

De nouvelles opportunités d’innovation pour l’industrie cosmétique

La compréhension du microbiote cutané ouvre de nombreuses possibilités d’innovations aux industriels du domaine cosmétique, à la fois BtoB et BtoC. En effet, un microbiote cutané déséquilibré pourrait induire ou être dû à :

– des maladies de peau, comme l’acné, la dermatite atopique ou le psoriasis
– des pellicules
– des odeurs corporelles
– voire même au vieillissement accéléré de la peau

Les consommateurs s’y intéressent de plus en plus, grâce aux produits déjà développés autour du microbiote intestinal qui ont servi de porte d’entrée, et à l’effort de pédagogie des marques. Les industriels commencent donc à développer des produits qui respectent la peau et son microbiote, en limitant les conservateurs ou un pH trop élevé. Les revendications associées sont le maintien ou la protection de l’équilibre du microbiote.

A terme, l’identification et la compréhension des microorganismes cutanés pourrait permettre de moduler leur action afin, par exemple, de limiter certaines affections cutanées ou de ralentir le processus de vieillissement de la peau. Certains produits revendiquent déjà de pouvoir restaurer un microbiote déséquilibré ou d’améliorer l’état de la peau via une action sur le microbiote. Ces produits peuvent être des prébiotiques (substrat qui sera utilisé par un microorganisme), des probiotiques (le microorganisme, vivant ou non selon les définitions), des postbiotiques (produit dérivé du microorganisme), ou des actifs ayant un effet démontré sur le microbiote cutané.

 

Ainsi, plus qu’un phénomène de mode, le sujet microbiote a de grandes chances de proliférer ! Après avoir prouvé l’importance du microbiote cutané, les travaux académiques sur le sujet permettront de mieux comprendre son fonctionnement et son rôle sur la santé de la peau. Les industriels des cosmétiques, de plus en plus nombreux à se positionner sur ce sujet prometteur, pourront disposer de nombreux axes d’innovation.  Le microbiote cutané ouvre également la voie de la cosmétique sur-mesure. Chaque individu possédant un microbiote unique, nous pourrions imaginer un screening complet du microbiote de chaque personne pour identifier des dysbioses présentes et à venir, et développer un traitement ou un soin ciblé. Chez Alcimed, nous en sommes certains, les possibilités du microbiote sont innombrables !

 

A propos de l’auteur

Marine, Consultante dans l’équipe Alcimed en France

[1] Scopus, 2020

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