Alcimed fait le point sur la définition de la neurocosmétique ainsi que sur les dernières innovations autant du côté des ingrédients actifs que du côté des produits.

Neurocosmétique : ces produits qui parlent à notre cerveau

En quête de toujours plus d’efficacité, l’industrie des cosmétiques et des soins personnels explore de manière croissante le domaine des neurosciences dans l’espoir d’identifier et d’intégrer des innovations de rupture. Des études ont montré que l’application directe de produit sur l’épiderme influait l’état de la peau et sa fonction protectrice via le système nerveux – ce type de produit définit la neurocosmétique. Alcimed fait le point sur la définition de ces « neurocosmétiques » ainsi que sur les dernières innovations autant du côté des ingrédients actifs que du côté des produits.

Neurocosmétique : quand la peau parle au cerveau

Lors de l’application d’une crème, sa texture, son parfum et son fini sur la peau mettent nos sens en éveil. Des études (Institute of Personal Care Science (Australie), Harvard Medical School (US) montrent que ces émotions générées ont un impact important sur l’état de la peau, en particulier sur sa fonction protectrice naturelle et sur sa capacité à se défendre contre les agressions extérieures.

Les travaux de recherche issus du champ des neurosciences, étudiant les liens entre le cerveau et le système nerveux, intéressent l’industrie cosmétique depuis longtemps. Par exemple, les équipes de Lancôme étudient depuis une vingtaine d’années la réponse du cerveau aux émotions provoquées par l’application d’un produit cosmétique.

Aujourd’hui, les neurosciences ne sont plus uniquement mises à profit pour évaluer les bienfaits d’un produit. Les travaux de recherches actuels élaborent des produits stimulant directement la communication entre le système nerveux et la peau, pour atteindre in fine le cerveau. La neurocosmétique concerne donc tout produit pouvant être appliqué sur la peau exerçant une action directe sur l’épiderme et lié à une influence sur le système nerveux. Cette action peut être apaisante ou stimulante, réduire les réactions inflammatoires ou moduler certains récepteurs.

A la recherche de nouveaux ingrédients neuro-actifs pour la neurocosmétique

De nombreux acteurs de l’industrie cosmétique et des soins personnels se lancent dans l’exploration du domaine des neurosciences. Par exemple, les équipes scientifiques de Shiseido ont développé en 2018 une gamme neurocosmétique de crèmes hydratantes. Avec une texture innovante basée sur des microsphères et un extrait d’ashitaba, une plante japonaise, la technologie ReNeura permet d’améliorer la transmission des signaux nerveux cutanés et de bloquer les effets ralentissant leur bon fonctionnement.

Début 2019, Givaudan lance Sensityl, un nouvel actif cosmétique issu de travaux de biotechnologies sur les microalgues. Cet actif montre un impact positif fort sur l’humeur et sur l’état général de la peau, en agissant sur le microbiome et les voies inflammatoires cutanées.

Le composé ExpoZen, proposé par Greentech, est un phytobioactif qui protège la peau contre les agressions impliquant un dysfonctionnement neurosensoriel.

L’actif SensAmone P5 de Mibelle Biochemistry, inspiré de travaux sur les propriétés du venin de l’anémone de mer, soulage l’inconfort des peaux sensibles et réactives. ExpoZen et SensAmone P5 tirent leurs propriétés apaisantes et protectrices d’actions directes sur les récepteurs de la Substance P et TRPV-1, bien connus en neurosciences.

L’ingrédient Neuroguard de CODIF a, quant à lui, une action protectrice des nerfs présents dans la peau, en maintenant une bonne communication neurone-fibroblaste pour lutter contre le vieillissement et les rides installées. Des traitements de la peau avec une action globale sont même mis au point, combinant des actifs avec des effets protecteurs neurocosmétiques et génétiques, comme le programme de soin rajeunissant Total Infinity de Casmara.

Un champ des possibles de la neurocosmétique quasi infini

La physiologie nerveuse de la peau, très complexe, est encore loin d’avoir livré tous ses secrets à la neurocosmétique. La peau ne contiendrait pas moins de 800 000 neurones, 11 mètres de nerfs et environ 200 récepteurs sensoriels par cm². Le potentiel de la peau pour des applications en neurosciences, et en neurocosmétique, ouvre un vaste champ d’applications possibles.

Les avancées scientifiques en neurosciences permettent de comprendre de mieux en mieux les liens entre le système nerveux, le cerveau et la santé de notre peau. Ces actifs qui communiquent avec le cerveau enthousiasment les équipes de recherche et développement de l’industrie cosmétique, qui au-delà du soin de la peau, cherche à mieux définir son rôle synergétique avec les traitements médicaux classiques.


A propos des auteurs
Elodie, Consultante Senior dans l’équipe Chimie & Matériaux d’Alcimed en France

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